Dans le monde numérique d’aujourd’hui, les criminels organisés posent des menaces multidimensionnelles et exploitent sans merci les faiblesses des mécanismes de lutte contre la criminalité financière des banques. Habituellement, ces criminels s’esquivent bien avant que leurs victimes aient pris conscience de leur sort. Pour contrer ces nouvelles menaces, les banques doivent adopter des mécanismes de défense proactifs.

Mis à part investir des milliards de dollars dans la résolution de ce problème, que peuvent-elles faire? La réponse : adopter une approche de défense à plusieurs niveaux. À mesure que les organisations de services financiers s’informent sur les menaces, elles doivent regrouper leurs mécanismes de défense contre le crime financier de façon à réunir leurs ressources opérationnelles et informationnelles, et créer différents niveaux de sécurité. La défense n’est plus uniquement une question de sécurité des TI. Les ressources humaines, les modèles opérationnels, les données et la technologie jouent un rôle tout aussi important dans la lutte contre le crime financier.

Les risques auxquels le crime financier expose les activités opérationnelles et la conformité réglementaire des banques sont nombreux et s’expliquent à la fois par les menaces croissantes et les facteurs ci-dessous.

  • Les répercussions de la révolution numérique et l’omniprésence des options en temps réel
  • L’expérience client (gestion du risque)
  • Les cybermenaces (à l’échelle internationale en regard de la croissance du crime parrainé par l’État)
  • L’usurpation d’identité 
  • Le manque de sensibilisation et de formation des employés
  • La responsabilité personnelle de la direction
  • Les normes réglementaires disparates et croissantes
  • Les changements géopolitiques

S’ajoutent à ces facteurs les volets habituels de la lutte contre la criminalité financière, qui sont complexes et évolutifs : lutte contre le blanchiment d’argent, connaissance de la clientèle, détection des sanctions, détection de la fraude, dissuasion, propension à prendre des risques, culture, formation, coût réel des échecs, etc. Lorsque l’on combine l’ensemble de ces facteurs et de ces volets, il est facile de comprendre pourquoi le crime financier est à l’origine des risques et des coûts les plus élevés pour les organisations de services financiers.

Adoption d’une approche de défense à plusieurs niveaux

La lutte contre la criminalité financière n’a rien de nouveau. La plupart des organisations ont déjà mis en place plusieurs mécanismes et technologies de défense. Cependant, à mesure que les criminels accroissent leur utilisation de tactiques sophistiquées, comment s’assurer que ces mécanismes demeurent efficaces?

En plus d’optimiser les systèmes existants, il est avantageux d’adopter une approche adéquate de défense à plusieurs niveaux pour se protéger du crime financier. Voici une liste des éléments à considérer lors de la définition de votre approche.

  • Mise à profit des technologies
  • Modèle actualisé misant sur trois axes de défense (la lutte contre le crime financier est la responsabilité de tous)
  • Propension au risque et contrôles réalistes
  • Éducation et attitude (en matière de conformité réglementaire et de dénonciation)
  • Changement de l’aménagement organisationnel, des ensembles de compétences et des rôles et responsabilités
  • Automatisation et autoapprentissage intelligent
  • Capacités de connaissance de la clientèle (pour une gestion accrue des identités)
  • Flux de travaux et gestion de cas
  • Analyse prédictive des données et gestion des données
  • Transparence et production de rapports en temps quasi réel
  • Approche agile pour la mise en œuvre des changements (p. ex. informatique en nuage)
  • Mécanismes de défense groupés et globaux (à l’intérieur des différents services et entre eux)
  • Innovation (p. ex. registre des transactions)

Les renseignements (ou les données) sont également devenus un domaine prioritaire. Jusqu’à récemment, l’analyse des données massives et la gestion des données étaient perçues comme des tâches trop laborieuses et difficiles à gérer. Le rôle de directeur des données est devenu central au sein de cette communauté de gestion des renseignements. En effet, il contribue à la mise en place d’une approche efficace de lutte contre le crime financier et de fonctionnalités de connaissance de la clientèle en temps quasi réel. Les principaux défis du directeur des données sont les suivants.

  1. Qualité et gouvernance des données
  2. Nouvelles sources de données (p. ex. médias sociaux)
  3. Analyse prédictive (plutôt que réactive)
  4. Visualisation

Malheureusement, bon nombre d’organisations de services financiers peinent à réunir toutes les conditions nécessaires pour l’adoption d’une approche de défense à plusieurs niveaux en raison de leur environnement informatique désuet, en grand besoin de modernisation. L’érosion des marges bénéficiaires représente également un défi constant. Avant d’être en mesure d’adopter une approche efficace de défense à plusieurs niveaux, il faut d’abord innover et investir afin de surmonter ces obstacles.

Les avantages à tirer de cette approche

Mis à part les avantages évidents d’une approche efficace de lutte contre le crime financier en ce qui a trait aux opérations, à la conformité réglementaire et au volet juridique, comment les organisations peuvent-elles améliorer leurs activités grâce à un investissement dans ce domaine?

L’avantage le plus net et marqué est l’amélioration de l’expérience client. Par exemple, en combinant des mécanismes de lutte contre le blanchiment d’argent et de connaissance de la clientèle, les organisations peuvent exécuter ces fonctions en temps quasi réel et ainsi interagir plus rapidement avec leurs clients, tout en réduisant les risques opérationnels.

La réputation représente un autre avantage clé. Une réputation de qualité ne repose pas uniquement sur une expérience client positive, mais également sur la perception du public, qui doit croire que la banque protégera les actifs de ses clients. La perception des organismes de réglementation à l’égard des mécanismes de lutte contre la criminalité financière d’une organisation a aussi une influence sur sa réputation. Et, de toute évidence, les criminels qui sont à la recherche de cibles faciles seront dissuadés d’attaquer une organisation munie de systèmes de défense reconnus et efficaces.

L’approche de défense à plusieurs niveaux offre également l’avantage de soutenir une véritable fonction d’intelligence d’affaires, reposant sur des capacités avancées de connaissance de la clientèle. Celle-ci offre une valeur ajoutée à l’organisation en lui permettant de mettre à profit la vente croisée (plutôt que la vente abusive), et est avantageuse pour les actionnaires puisqu’elle renforce la sécurité.

Toute organisation devrait tenter d’atteindre un objectif double consistant à réduire les coûts associés aux mécanismes de lutte contre la criminalité financière tout en améliorant leur performance. La seule façon d’y parvenir – et de bénéficier de l’ensemble des avantages associés à une lutte efficace contre le crime financier – est l’adoption d’une approche globale à plusieurs niveaux.

À propos de l’auteur

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Chris Collins

Directeur, Risque et réglementation, Royaume-Uni

Chris Collins dirige la pratique Risque et réglementation du secteur bancaire de CGI au Royaume-Uni et est un expert du portefeuille mondial de solutions de protection des banques de CGI. Il se spécialise dans la gestion d’initiatives de transformation technologique des activités dans le domaine ...

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