Rehana Wolfe

Rehana Wolfe

Directrice-conseil experte

Il y a neuf longs mois que l’Organisation mondiale de la Santé a déclaré la pandémie de coronavirus. Partout dans le monde, les gens et les communautés ont perdu des êtres chers et ont dû faire face à d’importantes difficultés professionnelles et économiques. Mais pendant cette période éprouvante, nous avons également constaté les efforts herculéens déployés par les professionnels de la santé pour sauver des vies et prendre soin des malades.  

Parallèlement, des scientifiques du monde entier ont uni leurs forces pour développer un vaccin efficace contre le virus. 

L’annonce prometteuse des derniers jours au sujet des progrès accomplis sur ce front nous incite à nous pencher sur la prochaine vague de défis. Pour immuniser efficacement leurs populations, les dirigeants doivent non seulement éduquer le public, mais aussi mettre en œuvre l’infrastructure locale nécessaire pour favoriser une administration rapide du vaccin dès la distribution des doses. Cette phase déterminante de la pandémie, au cours de laquelle les différents pays du monde commenceront à recevoir les vaccins et à mettre en place leurs programmes respectifs de vaccination, pourrait s’échelonner jusqu’en 2022.

L’écosystème de la santé et des sciences de la vie est très complexe. Il englobe une variété d’acteurs : établissements pharmaceutiques, organismes gouvernementaux de tous les ordres et domaines de responsabilité, distributeurs, dispensateurs de soins médicaux, gestionnaires de régimes d’assurance médicaments et maladie, et consommateurs. Les autorités gouvernementales de la santé et autres membres de cet écosystème ont besoin de façons hautement efficaces de prévoir, d’attribuer et de distribuer les vaccins afin d’atteindre les 70 % de couverture nécessaires pour parvenir à l’immunité collective. 

Passer de la phase d’approbation à une immunisation suffisante

Comment les autorités pourront-elles prévoir la demande et commander les vaccins avec confiance et efficacité, et vacciner la population de façon à atteindre leurs objectifs?

Ces sujets étaient au cœur du webinaire de la Healthcare Information and Management Systems Society (HIMSS)* que j’ai animé le mois dernier en compagnie de Lois Privor-Dumm*, directrice des vaccins pour adultes à la Johns Hopkins Bloomberg School of Public Health. Ce webinaire, portant sur les facteurs de réussite pour les programmes de vaccination contre la COVID-19, a réuni plus de 150 représentants de toutes les sphères de l’écosystème de la santé. (Visionner l’enregistrement*) 

L’un des principaux enjeux soulevés concernait la manière de convaincre le public d’accepter les vaccins malgré la grande méfiance manifestée par d’importants segments de la population. Par exemple, selon un sondage de Gallup publié le mois dernier*, 42 % des consommateurs des États-Unis affirment qu’ils ne se feront pas vacciner, tandis que 58 % se disent prêts à accepter le vaccin.

Pour relever les défis comportementaux, logistiques et techniques associés à la vaccination contre la COVID-19, il faut tenir compte d’un facteur de réussite commun dans le domaine de la santé : la primauté de la population. Pour améliorer l’acceptation des vaccins et la confiance des consommateurs à leur égard, il faut les aider à mieux les comprendre. Il faut également privilégier un modèle centré sur la population pour soutenir l’administration et le suivi des vaccins, pour s’assurer que chaque personne reçoive le même vaccin lors de la deuxième dose, et pour calculer correctement le pourcentage des personnes vaccinées afin d’évaluer l’écart à combler pour atteindre la couverture visée de 70 %. Heureusement, il existe des méthodes, des outils et des technologies éprouvés pour aider les organisations à maximiser l’efficacité de leurs efforts.

Mettre l’accent sur l’importance de l’éducation des consommateurs

De quels renseignements les consommateurs ont-ils besoin pour être certains de leur décision au sujet du vaccin? Où peuvent-ils trouver des réponses à leurs questions? Comment seront-ils avisés de leur admissibilité au vaccin ou du moment et de l’endroit où l’obtenir? Comment les autorités peuvent-elles faire preuve de transparence lors de l’exécution de leurs programmes de vaccination? S’il existe plus d’un vaccin, les consommateurs pourront-ils choisir celui qu’ils préfèrent? 

Les réponses à ces questions doivent constituer un élément fondamental du plan de communication. 

Les consommateurs ont besoin de savoir comment les vaccins fonctionnent et de connaître leurs effets secondaires et leur efficacité. Les canaux numériques des gouvernements, tels que les applications et portails mobiles, peuvent être d’excellentes sources d’information pour les consommateurs et les aider à déterminer leur admissibilité, à s’inscrire pour se faire vacciner et à prendre rendez-vous. D’autre part, ces applications peuvent fournir aux autorités de précieux renseignements quant aux progrès de leurs programmes. Les fabricants devraient également miser sur leurs canaux numériques, comme les portails ou les assistants intelligents, pour présenter des renseignements sur leurs produits et répondre aux questions et aux préoccupations générales des consommateurs et des praticiens de la santé. Il va sans dire que toutes les activités de collecte de données doivent se conformer aux lois sur la protection de la vie privée pour que les consommateurs puissent fournir leurs renseignements en toute confiance. 

Qui plus est, il est essentiel de préparer des plans efficaces de communication et de sensibilisation pour assurer la transmission de renseignements exacts au moyen de sources fiables, ce qui peut contribuer à dissiper l’hésitation et la méfiance des consommateurs. (Pour en savoir davantage à ce sujet, je vous invite à lire mon billet de blogue précédent sur l’application de la conception centrée sur la personne en vue d’améliorer la perception du vaccin contre le coronavirus*.) Une autre façon de sensibiliser les gens au vaccin consiste à faire appel à des leaders locaux auxquels ils font confiance, tels que des personnes issues de groupes religieux et communautaires. Cette importante stratégie programmatique est utilisée avec beaucoup de succès depuis plusieurs décennies dans le monde en développement.

Planifier la gestion du vaccin

La distribution et l’administration d’un vaccin durant une pandémie présentent plus de défis que l’immunisation contre les virus saisonniers comme la grippe. Alors que les vaccins annuels contre la grippe ne nécessitent qu’une seule dose, la majorité des vaccins contre la COVID-19 exigent deux doses injectées à trois semaines d’intervalle. Donc, si l’élimination de la méfiance à l’égard des vaccins constitue le premier obstacle, le deuxième sera sans doute l’administration de la dose de rappel au bon moment pour chaque personne. De plus, il faudra prévoir et planifier soigneusement les questions liées aux populations, au taux de couverture, aux échéanciers, à l’attribution dans chaque territoire et à l’ordonnancement optimal pour que la deuxième dose soit disponible au moment requis.

En plus des nouveaux investissements nécessaires pour assurer l’entreposage frigorifique du vaccin à ARNm de Pfizer, le modèle de distribution en deux doses entraînera certainement d’importants défis logistiques et des périodes d’approvisionnement limité. En ce qui a trait à l’attribution, certains pays choisiront de fournir d’abord le vaccin aux professionnels de la santé, aux personnes âgées et aux premiers répondants, par exemple. Les autorités devront être en mesure de gérer les commandes et les stocks et d’en faire le suivi afin d’assurer la reddition de comptes ainsi que de prévenir ou de détecter toute variation de température et tout détournement de produits. 

En effet, le monde entier a besoin du vaccin contre la COVID-19 et on ne doit pas négliger les possibilités de détournement de produits compte tenu de la valeur de ces vaccins en cette période décisive. Il est absolument nécessaire d’être en mesure de faire le suivi d’un vaccin, de sa fabrication jusqu’à l’administration au patient. De plus, ces vaccins ont été testés sur une période très restreinte, et dans ce cas, l’immunisation de la population constituera l’essai de phase IV. Les codes à barres 2D sont la meilleure façon d’optimiser les chances de succès en ce qui a trait à la distribution des doses aux consommateurs. Cette méthode simplifierait non seulement le processus, mais elle contribuerait également à l’amélioration de la gestion des stocks et à l’exactitude des données. 

Les autorités auront également besoin de solutions centrées sur la population afin de planifier l’administration des vaccins (et d’effectuer l’attribution équitablement), de confirmer les doses et d’effectuer une surveillance post-vaccinale en se fondant sur des données concrètes en cas d’événements indésirables. Tous les fabricants de vaccins devraient envisager l’ajout d’un code à barres 2D à l’emballage de leurs produits s’ils ne le font pas déjà.

Numériser les processus pour favoriser l’interopérabilité et l’intégration

Dans des pays comme les États-Unis, l’écosystème de la santé est complexe et fragmenté. Il est primordial d’exercer une coordination auprès de tous les ordres de gouvernement (fédéral, provinciaux et locaux) et des autres membres de l’écosystème pour maximiser l’efficacité des programmes. Cependant, il n’existe aucune façon centralisée de faire le suivi des renseignements clés pour chaque phase d’un programme de vaccination.

Les membres de l’écosystème de la santé ont actuellement l’occasion d’unir leurs efforts afin de renforcer les stratégies numériques existantes et de mettre en place de nouveaux outils numériques qui favorisent la normalisation, la centralisation et le suivi. Par exemple, l’accroissement de l’interopérabilité facilite l’intégration des systèmes d’administration et de suivi des vaccins aux registres d’immunisation et aux autres systèmes pertinents.

Optimiser la gestion des données, la production de rapports et l’analyse

Les données seront essentielles pour plusieurs volets de ces programmes, que ce soit pour évaluer l’efficacité des plans de vaccination, ou encore pour déterminer si certains segments de la population n’ont pas atteint le taux de couverture requis et doivent faire l’objet d’efforts de sensibilisation supplémentaires. Les autorités sanitaires devront avoir accès à des données en temps réel pour analyser l’intérêt de la population envers le vaccin et sa volonté à l’obtenir, et pour présenter les rapports requis aux organismes de surveillance. Elles devront également recourir à des outils de production de rapports et d’analyse pour déterminer si leurs programmes sont efficaces et s’ils atteignent notamment les objectifs d’immunité collective.

CGI s’engage à aider ses clients de l’écosystème de la santé à répondre à des défis sans précédent, à rebondir au rythme approprié et à réinventer les façons de travailler. À mesure que les nouveaux vaccins seront soumis aux processus d’approbation, notre solution d’administration et de suivi des vaccins aidera les autorités à relever les défis qui se présentent à elles et à suivre les recommandations des organismes de réglementation du domaine des maladies infectieuses. Pour en savoir davantage sur cette solution, veuillez communiquer avec moi.

 

À propos de l’auteur

Rehana Wolfe

Rehana Wolfe

Directrice-conseil experte

Rehana occupe le poste de directrice-conseil experte au sein du secteur des sciences de la vie chez CGI aux États-Unis. À ce titre, elle aide les clients à évaluer et à élaborer des stratégies d’affaires qui favorisent la croissance ainsi que l’utilisation de solutions stratégiques ...