Henk van Haaster est un leader en analyse de données basé à Rotterdam aux Pays-Bas. Vingt-cinq ans depuis son arrivée chez CGI, il applique la même approche de coureur à son travail en innovation : l’instant où tu t’arrêtes, tu commences à tirer de l’arrière.
Tout d’abord, comment votre carrière chez CGI a-t-elle débuté?
Je me suis joint en 2001 en tant que conseiller PeopleSoft chez CMG, avant que l’entreprise ne fusionne avec CGI. À cette époque, je venais tout juste de décrocher mon baccalauréat en gestion, en économie et en droit et j’avais la conviction que les carrières s’articulaient autour de parcours soigneusement planifiés. Cependant, seulement quelques mois après mon arrivée, le marché a été bouleversé à la suite des événements du 11 septembre 2001. Les projets ont été mis sur la glace et la demande n’était plus la même. Le monde avait changé, et je devais m’y adapter. C’est à cet instant que j’ai décidé d’acquérir des compétences en technologie.
C’est un gros changement à vivre en début de carrière. Quelles étaient les prochaines étapes?
J’ai fait mes débuts dans le domaine de l’intelligence d’affaires lors d’un mandat avec un important exploitant de casino aux Pays-Bas. J’ai découvert que j’avais un véritable talent pour les données et les services-conseils en management. Mon mentor a vu que la demande pour l’intelligence d’affaires était en pleine croissance. Il m’a dit « les données sont l’avenir », et m’a encouragé à poursuivre cette expertise.
Il s’est avéré qu’il s’agissait d’une très bonne prédiction et d’un conseil de carrière qui a influencé mon parcours professionnel.
Dans quelle mesure cette formation en intelligence d’affaires au début de votre carrière a-t-elle influencé le travail que vous effectuez aujourd’hui?
Pendant des années, l’intelligence d’affaires se résumait à une rétrospective : comprendre ce qui s’est déjà produit et expliquer le passer dans les moindres détails. Aujourd’hui, l’objectif se tourne vers l’avenir. Il s’agit moins d’expliquer ce qui s’est produit, mais plutôt d’anticiper ce que l’avenir nous réserve. Cela consiste à utiliser l’intelligence artificielle (IA) ainsi que de grands modèles de langage pas seulement pour décrire ce qui s’est produit, mais pour aider les gens à décider des prochaines étapes, de manière responsable et avec jugement. Cette transition, de l’intelligence d’affaires à l’intelligence artificielle, de rétrospective à perspective, a défini la deuxième moitié de ma carrière.
Parlez-nous du travail que vous faites maintenant.
Depuis les six dernières années, j’ai contribué à la mise sur pied de iAMLAB, l’équipe d’innovation de CGI aux Pays-Bas, qui se concentre sur les domaines tels que les graphes de connaissances, les espaces de données, les technologies immersives et l’IA. Ce groupe est composé de collègues multidisciplinaires débordant de curiosité qui occupent leurs journées à une tâche qui sort véritablement de l’ordinaire : concevoir des solutions pour des problèmes qui n’en étaient pas l’année précédente.
Il ne s’agit pas de recherche et développement dans le sens abstrait du terme. Nous collaborons directement avec des équipes variées d’intervenants pour comprendre le problème et son contexte. Ensuite, nous effectuons des expérimentations et validons nos idées rapidement. Une méthode que nous employons pour y arriver est le « high-5 », un sprint de cinq jours qui rassemble les équipes d’affaires et de développement en vue de mettre à l’essai un défi particulier. À l’intérieur d’une semaine, nous pouvons habituellement déterminer si une idée a du potentiel et, parfois, cette première expérience se transforme en quelque chose de beaucoup plus gros.
Pouvez-vous nous donner un exemple d’application de cette approche qui vous a permis de résoudre un enjeu d’un client?
Un exemple a vu le jour grâce à un « high-5 » il y a deux ans. Un client responsable d’actifs d’infrastructure nécessitait un meilleur moyen de comprendre l’état de ces actifs ainsi que de privilégier leur maintenance et leur remplacement. La majorité des renseignements nécessaires était enfouie dans un volume important de documents non structurés, ce qui rendait la tâche d’extraction manuelle impossible à effectuer à grande échelle.
Nous avons utilisé l’approche « high-5 » afin de savoir si l’IA pouvait extraire les renseignements pertinents. L’expérimentation initiale fut un succès. Donc, nous avons continué le développement et la mise à l’essai de cette solution durant des cycles courts. Deux ans plus tard, elle se retrouve à la phase de production.
Vous êtes aussi un coureur. Est-ce que vous envisagez votre travail avec la même mentalité?
J’aborde souvent le travail de la même manière que j’aborde la course : l’instant où tu t’arrêtes, tu commences à tirer de l’arrière. La quête de l’innovation n’est pas un projet qui a une date de fin. C’est un état d’esprit : faire preuve de curiosité, adopter l’inconfort et refuser d’assumer que les réussites de l’année passée ou même du mois dernier s’appliquent toujours. Cet état d’esprit reflète la culture de CGI et oriente activement la manière dont le travail est ressenti, semaine après semaine.
Pourquoi CGI a-t-il été le lieu de travail parfait pour cette mentalité?
De nombreux milieux professionnels vous diront qu’ils ont à cœur la collaboration. Ce qui m’a gardé chez CGI pendant 25 ans est le fait que cette valeur de collaboration est réelle; elle n’est pas qu’un sujet de conversation. Nous disposons de canaux de communication très courts avec les gens qui souhaitent réellement passer à la prochaine étape, plutôt que seulement en discuter.
Pouvez-vous nous nommer des initiatives précises qui démontrent cet esprit?
Je l’ai constaté clairement lors de deux initiatives auxquelles j’ai participé et qui ne faisaient pas partie de ma description de poste. L’une d’entre elles était CGI Next, un réseau pour les jeunes professionnels que j’ai aidé à mettre sur pied. Celui-ci offre aux associés de CGI des Pays-Bas des occasions de tisser des liens, d’apprendre et de faire part de leurs expériences des divers secteurs où nous menons nos activités. Ce qui a commencé par seulement quelques événements nationaux s’est transformé en une communauté d’environ 500 associés de CGI, qui comprend plusieurs comités et événements tant à l’échelle nationale que sectorielle.
L’autre était notre participation au projet Delft Hyperloop, une initiative menée par des étudiants afin de concevoir un système de transport par tube visant une neutralité climatique. Nous avons fait le choix délibéré de ne pas seulement leur offrir un chèque de commandite, mais de participer au projet et d’y contribuer de notre expertise. Nous avons présenté les étudiants aux personnes-ressources de notre réseau qui comprennent les enjeux d’infrastructure et de transport, en plus d’avoir travaillé avec l’équipe pour concevoir un environnement de réalité virtuelle du nom de « Station of the Future » (Gare de l’avenir), qui l’a aidé à explorer dans quelle mesure le concept pourrait affecter l’environnement bâti. Selon moi, ces initiatives sont typiques de CGI : créer des retombées par l’expertise et la collaboration.
Après 25 ans, pourquoi restez-vous ici?
J’aime toujours ce travail, pas parce que mon parcours a adhéré au plan, mais plutôt parce que je n’y ai jamais adhéré, et CGI continuait de me donner la latitude de bâtir la prochaine initiative. Que ce soit une nouvelle technologie, une nouvelle équipe ou simplement de rassembler les bonnes personnes pour résoudre un problème commun, il y a toujours une occasion de « bâtir l’avenir, ensemble. » Pour moi, cela représente bien plus que le thème de notre 50e. C’est simplement la nature de notre travail, année après année.
Aimeriez-vous nous faire part d’autre chose?
Juste un petit fait intéressant. Il s’agit d’une année charnière tant pour CGI que pour moi. Je viens d’avoir 50 ans, CGI célèbre 50 années en affaires et moi, mes 25 ans chez CGI. Rien de tout cela n’était planifié, mais ça rend cette année particulièrement spéciale.
Merci Henk d’avoir partagé votre parcours professionnel inspirant chez CGI!