En une dizaine d’années, les organisations du secteur du commerce mondial ont investi massivement dans la transformation numérique de leurs processus. Néanmoins, plusieurs transactions de commerce sont toujours ralenties par un traitement manuel, des systèmes déconnectés et des risques inutiles. Le problème n’est pas une insuffisance technologique. Il s’agit plutôt d’un manque de données fiables, interopérables.
Ce défi est illustré dans l’étude La voix de nos clients CGI 2026. Alors que 88 % des dirigeants du secteur Services bancaires aux entreprises et transactions bancaires indiquent que l’accélération de la technologie et du numérique a une forte incidence sur leurs organisations, moins de la moitié (47 %) affirment que leur stratégie de transformation numérique produit les résultats escomptés. Combler l’écart exige plus que la numérisation de documents. Il faut des données fiables que les organisations peuvent échanger en toute confiance au sein de l’écosystème commercial.
La numérisation et la conversion de documents en PDF ont constitué une première étape importante de la modernisation du financement commercial, améliorant l’efficacité et réduisant la dépendance au papier. Toutefois, le PDF n’est que la copie numérique d’un document physique. L’information qu’il contient doit souvent être extraite, saisie de nouveau dans de multiples systèmes et vérifiée manuellement avant d’être utilisée.
La prochaine étape du commerce numérique doit délaisser les images de documents pour adopter des données structurées et fiables qui permettent aux organisations d’échanger de l’information vérifiée de façon cohérente à l’échelle des systèmes et organisations.
Voilà le fondement d’un commerce de confiance. Il réduit les risques, améliore l’efficience et soutient de façon plus transparente le commerce transfrontalier.
Bâtir une chaîne d’approvisionnement de confiance
Tout comme les biens se déplacent au fil d’une chaîne d’approvisionnement mondiale coordonnée, les données et la confiance qui les accompagnent doivent également circuler en toute transparence.
Aujourd’hui, il arrive souvent que les organisations revoient, ressaisissent et vérifient les mêmes données commerciales chaque fois qu’une expédition change de main ou qu’un nouveau partenaire se joint à la transaction. Que ce soit une banque, une autorité douanière ou un acheteur, chaque participant doit répéter à peu près les mêmes tâches afin de s’assurer que l’information est exacte. Ce chevauchement ralentit le traitement des transactions, accroît les coûts et engendre des frictions au sein de l’écosystème commercial.
Le commerce de confiance remplace ce processus répétitif par un principe pourtant simple : vérifier une fois, utiliser plusieurs fois. Les signatures numériques, les technologies cryptographiques et les cadres juridiques de soutien permettent de vérifier l’information à la source et d’en transmettre son attestation tout au long du cycle de la vie de la transaction. Une fois vérifiée, l’information, comme l’identité d’une organisation ou la prérogative d’un employé à signer une facture, peut être partagée de façon sécurisée et réutilisée par plusieurs tiers, éliminant la nécessité de répéter une vérification manuelle.
Identité numérique : établir la confiance à la source
Pour qu’un écosystème commercial soit digne de confiance, il faut savoir exactement avec qui vous faites affaire et confirmer que le donneur d’ordre est autorisé à agir au nom de son organisation.
Pour les banques, les entreprises et autres participants commerciaux, la vérification d’une contrepartie a toujours été essentielle. Toutefois, établir l’identité légale d’une organisation ou confirmer que l’individu qui signe l’entente est autorisé à le faire demeure souvent un processus manuel et fastidieux. Alors que plusieurs organisations ont délaissé les processus papier au profit des services numériques, elles continuent d’opérer selon un modèle de confiance assumée, qui repose sur des noms d’utilisateur, des mots de passe et des mots de passe à utilisation unique pour établir l’identité. Sans un niveau de sécurité supplémentaire, les organisations demeurent exposées à la fraude, à des risques de conformité et à des délais opérationnels.
L’identité numérique comble ce manque crucial en passant d’un modèle de sécurité fondé sur une confiance assumée à une confiance vérifiable. L’identifiant d’entité juridique (LEI) propose un moyen mondialement reconnu de vérifier l’identité d’une organisation. Combiné au LEI vérifiable (vLEI), il offre une façon normalisée, sécurisée par cryptographie et automatisée de vérifier à la fois l’identité d’une organisation et l’autorité des individus qui agissent en son nom.
Il en résulte une plus grande confiance dans chaque transaction numérique. Les participants peuvent vérifier les contreparties, confirmer l’autorité signataire et réduire le recours aux vérifications manuelles. Cette pratique ne réduit pas seulement les risques, mais rend également le commerce numérique plus rapide, plus transparent et plus facile à mettre à l’échelle.
Décloisonner les îlots numériques : un écosystème commercial connecté
Des données sécurisées et des identités numériques fiables sont essentielles, mais ne sont qu’une seule partie de la solution. Le commerce repose également sur des systèmes qui échangent de l’information entre eux.
Aujourd’hui, de nombreuses organisations fonctionnent à partir de plateformes technologiques distinctes qui n’ont jamais été conçues pour travailler ensemble. Le système d’une entreprise de transport aura peut-être de la difficulté à échanger des données avec la plateforme d’une banque ou à interagir de façon transparente avec les autorités douanières ou les autres participants commerciaux. Ces systèmes déconnectés donnent lieu à des îlots numériques qui limitent les avantages de la transformation numérique.
La solution n’est pas de déplacer tous les intervenants sur une même plateforme. Elle réside plutôt dans l’adoption de normes communes en matière des données qui permettront aux différents systèmes de communiquer et d’échanger de l’information fiable.
Les organisations telles que l’Initiative des normes numériques de la Chambre de commerce internationale (CCI) contribuent à l’évolution de ce travail en assurant la promotion de normes de données commerciales mondialement reconnues. Tout comme Internet mise sur des protocoles partagés pour connecter des milliards d’appareils, le commerce numérique dépend de normes communes qui permettent à l’information de constamment circuler entre les organisations, les secteurs d’activité et les frontières. Par exemple, une facture numérique créée au Brésil devrait être interprétée de la même façon par une institution financière de Singapour. Ce niveau d’interopérabilité donne aux organisations la flexibilité de choisir la technologie la mieux adaptée à leurs besoins, tout en permettant à des données fiables de circuler au sein de l’écosystème commercial au sens le plus large.
Faire du commerce de confiance une réalité
La transition du commerce numérique vers un commerce de confiance exige plus que de nouvelles technologies. Les organisations devront adopter des normes communes, renforcer l’identité numérique et favoriser la circulation de données fiables dans l’ensemble de l’écosystème commercial. Les éléments fondamentaux sont déjà en place. La prochaine étape est une adoption et une collaboration plus vastes au sein du secteur d’activité.
Chaque partie prenante a un rôle à jouer.
- Leaders d’entreprise et conseils d’administration – Considérer le commerce numérique comme une initiative de transformation numérique, et non seulement comme un projet informatique. Soutenir l’utilisation d’identifiants mondialement reconnus, tels que le LEI, et renforcer l’intégration et la revue diligente du fournisseur grâce à une identité numérique fiable.
- Banques et institutions financières – Aller au-delà de la numérisation des documents en intégrant des normes mondiales en matière de données et d’identités dans les processus du client et du financement commercial. Cette pratique permettra de réduire l’intervention manuelle, d’améliorer la conformité et de créer de nouvelles possibilités d’automatisation et de financement.
- Fournisseurs technologiques – Développer des solutions à partir de normes ouvertes, interopérables plutôt que d’écosystèmes exclusifs. Les organisations sont particulièrement avantagées lorsque des données fiables peuvent circuler de façon sécurisée entre les plateformes sans générer de nouveaux cloisonnements numériques.
- Gouvernements et organismes de réglementation – Poursuivre l’évolution des cadres juridiques et réglementaires qui reconnaissent des documents commerciaux numériques et des identités numériques fiables, tout en soutenant des échanges transfrontaliers de données.
Au sein du secteur d’activité, les efforts du commerce numérique sont désormais axés sur des écosystèmes commerciaux qui mettent de l’avant la confiance et l’interopérabilité. J’explorerai ce sujet lors d’une table ronde de Sibos 2026 à Miami : « From digital trade to trusted trade » (en anglais/« Du commerce numérique au commerce de confiance »). J’ai hâte de découvrir comment les organisations du secteur abordent la prochaine étape de cette transformation.
C’est avec plaisir que je discuterai de l’approche de votre organisation en matière de commerce de confiance et de la prochaine phase de votre transformation numérique. N’hésitez pas à communiquer avec moi si vous souhaitez poursuivre la conversation.
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