Rene Lykkeskov

René Lykkeskov

Vice-président, services-conseils

Phillip Malcho

Phillip Malcho

Directeur, services-conseils

La défi de l'innovation au sein d'environnements existants

La transformation numérique dans le secteur des sciences de la vie progresse rarement à un seul rythme. Dans une même organisation, il est possible qu’une équipe déploie des analyses avancées fondées sur l’intelligence artificielle (IA) pour prédire les résultats en quelques secondes, alors qu’une autre dépend de systèmes de production en place depuis des décennies. Le réel défi n’est pas de choisir entre la stabilité et l’innovation. C’est plutôt apprendre à faire évoluer les deux simultanément, en adoptant une approche de transformation à deux vitesses.

La modernisation met en lumière la progression inégale de la transformation numérique des fabricants du secteur des sciences de la vie, notamment les défis posés par les systèmes existants et l’importance de l’intégration des nouvelles technologies aux infrastructures technologiques et opérationnelles existantes. Une approche équilibrée, qui intègre l’innovation aux activités existantes sans les remplacer, est essentielle. Lors de l’élaboration d’une stratégie de modernisation modérée, il est important de reconnaître les signes d’une stagnation organisationnelle et d’encourager la collaboration, l’alignement opérationnel et l’application concrète pour avoir du succès.

Qu’est-ce qu’une transformation à deux vitesses dans le secteur des sciences de la vie?

Une transformation numérique à deux vitesses est une modernisation qui se déroule à deux rythmes distincts : d’un côté, on stabilise les systèmes essentiels pour assurer la fiabilité et la conformité, et de l’autre, on accélère les initiatives numériques comme l’infonuagique, l’IA et l’analyse avancée. Les meilleures approches ne traitent pas ces deux vitesses comme opposées, mais comme complémentaires. La stabilité jette les bases alors que l’innovation bâtit l’avenir.

N’oublions pas qu’une progression inégale de la transformation numérique dans le secteur des sciences de la vie n’indique pas forcément un échec. Souvent, cela reflète une réalité des faits : les organisations doivent protéger leurs activités essentielles tout en poursuivant leurs efforts d’innovation.

Les transformations centrées uniquement sur les TI ont tendance à ne pas être optimales lorsqu’elles sont isolées des équipes responsables des revenus. À la place, les organisations de premier plan planifient la transformation selon leurs véritables besoins opérationnels, en évitant les solutions universelles, et considèrent la gestion du changement comme un composant essentiel de la modernisation.

Le rôle des systèmes existants dans la modernisation

Ce n’est pas parce qu’un système est en service depuis longtemps qu’il est obsolète. Dans le secteur manufacturier, la longévité peut également témoigner de fiabilité. Les systèmes essentiels sur le terrain (p. ex. système d’acquisition et de contrôle des données, système à commande répartie) sont conçus pour durer des dizaines d’années, souvent aussi longtemps que les installations elles-mêmes. Bien que certains de ces systèmes sont en place depuis des décennies, ils font régulièrement l’objet de maintenances, de correctifs et de mises à jour pour assurer leur bon fonctionnement.

Un système devient véritablement obsolète lorsqu’il arrive en fin de vie ou n’est plus supporté, ce qui oblige les organisations à prendre des décisions quant à son remplacement, à sa modernisation ou à son intégration. Malgré tout, les systèmes existants peuvent continuer à générer une valeur opérationnelle et à favoriser l’innovation s’ils sont soutenus par des investissements adéquats et une stratégie clairement définie.

Plutôt que de renoncer à leurs systèmes centraux, les organisations ont réussi à y incorporer de nouvelles capacités numériques pour convertir des plateformes éprouvées en fondations pour l’innovation.

Un bon exemple est PROCOS, un système de contrôle de CGI qui reste encore l’un des environnements les plus stables pour les sites de production des clients. Progressivement mis à jour au fil du temps, ce système prend en charge les premiers outils de simulation et les jumeaux numériques. Plus récemment, il a servi de pierre angulaire pour des systèmes d’exécution de la fabrication (MES), des analyses avancées et des améliorations soutenues par l’IA. Grâce à des investissements continus et à une modernisation qui ne compromet pas la fiabilité, ce système continuera d’être utilisé pour les décennies à venir.

Comment les organisations du secteur des sciences de la vie modernisent-elles plusieurs sites de production à la fois?

Une transformation réussie de plusieurs sites de production à la fois requiert une structure et une connaissance des besoins opérationnels locaux. Une gouvernance solide, soutenue par les processus des Assises de gestion de CGI, procure une cohésion ainsi qu’un contrôle à l’échelle de l’entreprise. De plus, des cadres de gestion sectoriels comme l’Atlas des manufacturiers de CGI orientent les processus de transformation des clients de manière pragmatique et réaliste.

À l’inverse, un mandat universel poussé par la direction ne suffit généralement pas pour connaître du succès. Les organisations réussissent la modernisation de leurs sites lorsqu’elles allient les normes d’entreprise, la contribution locale et la valeur commerciale clairement définie dès le départ.

Détecter les signes d’une stagnation

L’augmentation des tensions entre les équipes est l’un des signes les plus révélateurs d’une perte de vitesse d’un système ou d’une organisation. Il vaut mieux prendre un pas de recul et repartir de zéro pour y remédier. Plutôt que de privilégier d’emblée des solutions ou des fournisseurs, mettez l’accent sur la compréhension des enjeux quotidiens et des objectifs avant même de parler de technologies.

Un autre facteur est la complexité inutile. Une transformation numérique trop complexe qui comprend des couches de présentations et une surabondance d’analyses peut dissimuler le véritable problème. La progression s’accélère lorsque l’on privilégie une communication claire, une compréhension commune et des solutions directes, plutôt que l’élaboration de plans.

Conseil en matière de transformation pour les chefs de la direction informatique du secteur des sciences de la vie

Pour les chefs de la direction informatique qui doivent jongler avec des technologies existantes, des sites de productions dispersés et une pression accrue de se moderniser, la première étape consiste à entamer leur processus par les personnes responsables de la production. Avant de déployer des programmes de modernisation à grande échelle, collaborez avec les responsables de site ainsi que les équipes de production pour comprendre leurs enjeux, qu’il s’agisse d’infrastructures existantes ou nouvelles. Les perspectives les plus pertinentes proviennent souvent des personnes qui utilisent les systèmes au quotidien.

La réussite repose sur le maintien d’un lien étroit entre les initiatives technologiques et les résultats opérationnels. Les organisations doivent aligner leurs initiatives de transformation sur les objectifs de production afin d’améliorer les résultats, de limiter les perturbations et de générer un rendement du capital investi. Lorsque le changement s’enracine dans le fonctionnement des usines et des laboratoires, il génère des résultats concrets. En fin de compte, ce qui distingue véritablement l’effort du succès, c’est la valeur commerciale générée.

Principaux éléments à retenir pour réussir une modernisation à deux vitesses

  • La transformation numérique dans le secteur des sciences de la vie évolue souvent à deux rythmes complémentaires : des activités principales stables et des initiatives d’innovation plus rapides.
  • Les anciens systèmes ne sont pas systématiquement obsolètes. Grâce à une maintenance et à des mises à jour adaptées, plusieurs peuvent servir de plateformes fiables pour la modernisation.
  • Les meilleures stratégies de transformation commencent par les besoins opérationnels ainsi que la participation en amont des équipes de production.
  • L’intégration de nouvelles technologies aux systèmes existants peut produire des résultats plus rapidement que le remplacement complet de systèmes.
  • La simplicité et la collaboration s’avèrent souvent plus efficaces que des plans de transformation trop complexes.

Concilier l’innovation et la stabilité opérationnelle demeure l’un des plus grands enjeux des organisations du secteur des sciences de la vie. Celles qui arrivent à bien intégrer les nouvelles technologies tout en préservant la fiabilité de leurs environnements de production sont les mieux placées pour mener une transformation numérique durable.

Apprenez-en davantage sur l’importance de moderniser les systèmes de production pour assurer l’avenir du secteur pharmaceutique.

À propos des auteurs-es

Rene Lykkeskov

René Lykkeskov

Vice-président, services-conseils

René Lykkeskov collabore avec des organisations mondiales de secteurs hautement réglementés, comme les secteurs pharmaceutique, des sciences de la vie et de l’alimentation ainsi que celui de l’énergie et des services publics, pour stimuler la transformation numérique, la modernisation technologique, la sécurité de l’approvisionnement, l’optimisation ...

Phillip Malcho

Phillip Malcho

Directeur, services-conseils

Phillip possède 11 ans d’expérience dans la fabrication de produits chimiques et plus de 17 ans dans la recherche fondamentale et le développement. Son expertise en matière de gestion et de réalisation de projets est importante, notamment en ce qui concerne la construction d’usines de ...