La progression apparemment implacable vers les transferts de fonds électroniques partout sur la planète marque une diminution importante des transactions en argent liquide. Qu’est-ce qui explique cette situation, particulièrement si l’on considère que l’utilisation de l’argent liquide est gratuite et comprise de manière universelle? Qu’est-ce que cela signifie pour les banques?

La compréhension des éléments sous-tendant une transaction en argent liquide révèle des renseignements utiles sur les motivations des banques traditionnelles. Le traitement des transactions en argent liquide est coûteux, complexe et exposé à la fraude. Il est généralement considéré par ces organisations comme une obligation envers les consommateurs. Cette situation offre cependant un avantage aux nouvelles banques ayant adopté le « tout-numérique »; elles ne peuvent traiter que des transactions électroniques et laissent aux banques traditionnelles le soin de payer la note pour les transactions en argent liquide et l’infrastructure de guichets automatiques y étant associée.

Devrait-on poursuivre dans cette veine? Est-ce que toutes les banques devraient se partager les coûts des transactions en argent liquide, ou est-ce que les banques traditionnelles devraient cesser complètement de gérer des fonds en espèces? Les banques traditionnelles sont-elles désavantagées par rapport aux nouvelles banques? Risquent-elles, et nos sociétés par le fait même, de subir un avenir financièrement instable en raison de la fragmentation accrue de la chaîne de valeur des services bancaires?

Il y a des risques potentiels pour les consommateurs dans une société sans argent liquide et ceux-ci varient d’un pays à l’autre. Prenons les États-Unis par exemple, où l’on estime qu’un quart de la population est non bancarisée et donc privée de l’accès à ce nouveau monde sans argent liquide. En Suède et aux Pays-Bas, les détaillants peuvent choisir leur méthode de paiement privilégié. Ils n’ont aucune obligation d’accepter de l’argent liquide, ce qui rend certains achats – comme se procurer un ticket d’autobus – complexes pour les touristes ou les jeunes. De plus, qu’arrive-t-il avec les transactions électroniques lors de pannes de courant ou du déchargement des piles?

Au Royaume-Uni la tendance est inverse : le gouvernement a suggéré d’émettre l’obligation pour les magasins d’accepter l’argent liquide, et les banques doivent traiter les transactions en conséquence.

Il existe également des fournisseurs mondiaux, comme Libra de Facebook, prêts à offrir à la population non bancarisée des options de paiement numériques. Si les banques nationales et les institutions financières ne réagissent pas rapidement pour trouver des solutions de rechange, ni les gouvernements ni les associations bancaires contrôlées à l’échelle nationale n’auront d’emprise sur l’avenir des transactions électroniques par rapport aux paiements en argent liquide.

Il y a de nombreuses incertitudes et de questions sans réponse, mais il est certain qu’il n’existe pas d’approche commune. Les banques, les gouvernements et les sociétés devraient engager le dialogue de façon concertée sur l’avenir d’une société sans argent liquide à l’échelle mondiale.

CGI collabore avec des banques et des gouvernements du monde entier pour régler de tels enjeux. Et n’hésitez pas à communiquer avec moi pour poursuivre la discussion.

À propos de l’auteur

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Charlotta Wark

Vice-présidente, Services bancaires, Suède

Charlotta Wark, vice-présidente, est responsable des Services bancaires au sein des opérations de CGI en Suède. Forte de ses compétences en services-conseils et d’un cheminement de carrière parsemé de rôles de gestion tels que chef du marketing pour des entreprises internationales en TI, Charlotta possède ...

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