Découvrez les principaux sujets de ce blogue
- L’avenir du secteur manufacturier dépend des fondements conçus pour ce que réserve le futur
- L’exécution, non la stratégie, est le véritable défi
- L’IA devient une part de l’entreprise
- L’IA agentive met la barre encore plus haut
- La modularité devient le fondement du changement
- Accroître la résilience de l’entreprise
L’avenir du secteur manufacturier dépend des fondements conçus pour ce que réserve le futur
Dans mon billet de blogue précédent, « Le nouveau mandat du secteur manufacturier : résilience, intelligence, adaptabilité face à l’incertitude », j’ai abordé en quoi la résilience est devenue la capacité déterminante des fabricants modernes. La fragmentation du commerce, les pressions liées aux changements climatiques, les pénuries de talents et l’accélération de l’évolution numérique ont fondamentalement changé l’environnement dans lequel les entreprises manufacturières opèrent.
Donc, si la résilience dépend d’une plus grande adaptabilité, les entreprises manufacturières d’aujourd’hui sont-elles réellement en mesure de s’adapter?
Pour plusieurs organisations, la réponse se situe quelque part entre « peut-être » et « non ».
Pendant des décennies, les fabricants ont investi dans la technologie pour améliorer l’efficacité, normaliser les opérations et soutenir une croissance prévisible. Les systèmes de gestion intégrés (ERP), les systèmes d’exécution de la fabrication (MES) et d’autres plateformes centrales ont été conçus pour un monde de chaînes d’approvisionnement linéaires, de fonctions cloisonnées, de marchés stables et de changements technologiques progressifs.
Ces systèmes continuent d’assurer le fonctionnement de l’entreprise, mais compliquent la capacité de s’adapter à mesure que les activités évoluent.
Les hauts dirigeants du secteur manufacturier reconnaissent la pression que cette situation engendre. Dans l’étude La voix de nos clients 2026, plus de la moitié d’entre eux (51 %) citent les systèmes existants comme un obstacle au progrès.
Les fabricants ne sont pas à court d’ambition ni d’idées. Ils tentent toutefois de développer ces idées au sein d’entreprises qui n’ont jamais été conçues pour le rythme du changement actuel. Ils doivent passer d’opérations cloisonnées à un monde d’entreprises connectées qui peuvent collaborer à l’échelle des écosystèmes de fournisseurs, de partenaires et de clients, tout en réagissant plus rapidement à l’évolution des conditions du marché.
L’exécution, non la stratégie, est le véritable défi
La plupart des fabricants ont déjà en place une stratégie de transformation. La tâche la plus difficile est de traduire cette stratégie en résultats d’affaires durables.
Des applications fragmentées, des données déconnectées et des années de changements progressifs et de solutions de contournement ont généré des environnements technologiques de plus en plus difficiles à adapter. Chaque nouvelle initiative exige davantage d’intégration, de gouvernance et d’efforts pour relayer l’information dans toute l’entreprise, ce qui ralentit la prise de décisions et les progrès réels.
Seulement 25 % des entreprises manufacturières indiquent que leur modèle d’affaires est hautement agile, et seuls 19 % en disent autant de leur modèle organisationnel.
Ces chiffres mettent de l’avant une problématique plus globale. L’agilité n’est plus déterminée par la vitesse à laquelle une fonction peut évoluer. Elle dépend de l’efficacité d’une entreprise à fonctionner en tant que système connecté.
Lorsque les activités et la technologie ne sont que partiellement alignées, la transformation est ralentie. Les données deviennent moins fiables, la gouvernance plus complexe et la mise à l’échelle de l’innovation plus coûteuse.
Voilà pourquoi les fabricants commencent à repenser l’entreprise elle-même. Plutôt que de simplement ajouter l’IA par couche aux environnements existants, ils reconfigurent les plateformes centrales, intègrent la résilience à l’architecture et adoptent des capacités modulaires qui peuvent évoluer au rythme des activités.
L’IA devient une part de l’entreprise
Les entreprises manufacturières ne se demandent plus si l’IA génère de la valeur.
Elles s’activent désormais à déterminer les domaines dans lesquels l’IA peut améliorer l’ingénierie, la production, les chaînes d’approvisionnement et les opérations de l’entreprise, et cherchent à savoir comment ces capacités peuvent être mises à l’échelle.
Aujourd’hui, 66 % des fabricants appliquent l’IA au sein de leurs activités opérationnelles et de leurs processus d’affaires essentiels.
À mesure que l’IA est intégrée dans l’entreprise, les vulnérabilités de l’architecture sous-jacente deviennent plus évidentes. Des environnements fragmentés, que ce soit des systèmes ERP, de gestion du cycle de vie des produits ou MES, donnent lieu à des données incohérentes et à une visibilité limitée. Des processus déconnectés rendent l’orchestration interfonctionnelle plus complexe, tandis que les modèles de gouvernance conçus pour des applications d’entreprise traditionnelles doivent désormais soutenir des systèmes intelligents en mode d’apprentissage et d’adaptation continus.
Les entreprises manufacturières en sont toujours à bâtir ces fondements. Seulement 37 % indiquent avoir une stratégie globale d’IA, alors que près de la moitié ne constatent toujours pas de résultats d’affaires tangibles de leurs initiatives d’IA.
L’IA agentive met la barre encore plus haut
L’IA ne cesse d’évoluer. L’IA générative démontre la vitesse à laquelle les technologies intelligentes pourraient améliorer la productivité individuelle. L’IA agentive élargit cette possibilité à l’échelle de l’entreprise.
Plutôt que de soutenir des tâches individuelles, les agents intelligents ont le potentiel de surveiller les opérations, de déclencher des flux de travaux, de coordonner des décisions au sein des systèmes et d’assurer une exécution plus autonome tout au long de la chaîne de valeur du secteur manufacturier.
Les fabricants se préparent déjà pour cette nouvelle avenue. Près des trois quarts (73 %) explorent l’IA agentive, taux supérieur à la moyenne multisectorielle de 69 %.
Les possibilités vont bien au-delà de l’amélioration des rapports ou de la mise en œuvre d’assistants plus performants. Les entreprises manufacturières commencent à envisager des environnements de production qui s’ajustent aux conditions changeantes, des processus d’ingénierie qui coordonnent l’ensemble des fonctions, des activités de maintenance qui anticipent les défaillances et des opérations de service qui réagissent plus rapidement.
Ces capacités font appel à plus que l’intelligence artificielle seule. Elles requièrent des données fiables, des architectures modulaires, des interfaces de systèmes clairement définies, des environnements sécurisés et une gouvernance qui couvre à la fois les technologies de l’information (TI) et opérationnelles (TO). À mesure que les systèmes intelligents assument davantage de responsabilités, la qualité des bases de l’entreprise devient de plus en plus importante.
La modularité devient le fondement du changement
Les fabricants repensent la façon dont l’entreprise elle-même évolue. Des programmes de remplacement d’envergure laissent place au développement d’environnements plus modulaires, interopérables et définis par logiciel.
Une entreprise modulaire permet aux fabricants de moderniser les systèmes essentiels sans reconstruire tout leur domaine technologique. Les nouvelles capacités d’IA peuvent être mises en œuvre plus rapidement, les données circuler plus librement dans toute l’organisation et des composants individuels évoluer en fonction des changements aux priorités d’entreprise.
Les avantages se situent au-delà de la technologie.
À mesure que les fabricants renforcent leurs connexions avec leurs fournisseurs, partenaires et prestataires de services, les plateformes modulaires facilitent l’interaction entre des écosystèmes numériques élargis, tout en réduisant la dépendance aux environnements monolithiques toujours plus difficiles à adapter.
L’orientation est déjà évidente. Les fabricants investissent dans des opérations numériquement connectées, des environnements définis par logiciel et l’IA à l’échelle de l’entreprise.
Parallèlement, des écarts importants subsistent. Tandis que 54 % des fabricants disposent d’une stratégie globale de données, moins de la moitié sont en mesure de localiser facilement leurs actifs de données et d’y accéder.
Sans données de confiance, de plateformes connectées et d’architectures modulaires, la transformation devient progressivement plus complexe à mettre à l’échelle.
Accroître la résilience de l’entreprise
La question n’est plus : « Quel projet d’IA devons-nous mettre à l’essai? », mais plutôt : « Que faut-il reconfigurer pour que l’IA devienne une part centrale de notre entreprise? »
Préparer l’entreprise pour l’IA exige de moderniser le cœur numérique, de réduire la complexité des systèmes existants, de connecter les données aux opérations, de renforcer la convergence des TI et des TO, et d’établir des protocoles de gouvernance conçus pour des systèmes intelligents. Il faut également prévoir une architecture d’entreprise qui évolue au fil des priorités technologiques et d’entreprise ainsi qu’un écosystème toujours plus connecté de partenaires.
Les fabricants qui seront les leaders de la prochaine décennie ne seront pas nécessairement ceux qui ont déployé le plus d’initiatives d’IA. Ce seront ceux qui ont bâti des entreprises capables d’absorber le changement, d’intégrer de nouvelles technologies et de s’adapter continuellement à mesure que le secteur d’activité évolue.
Le parcours d’IA de chaque fabricant est différent, mais les questions sont remarquablement similaires. Si vous explorez la façon de mettre en place les capacités d’entreprise, la fondation des données et le modèle organisationnel requis pour mettre à l’échelle l’IA en toute confiance, je discuterai avec plaisir avec vous des possibilités et défis qui façonneront votre parcours.
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