Ce que 164 hauts dirigeants du secteur nous ont confié sur la manière de composer avec les perturbations, et ce qui démarque les entreprises de premier plan qui ouvrent la voie.
Depuis les 30 dernières années, la stratégie du secteur manufacturier suivait une méthodologie éprouvée : optimiser les coûts, mondialiser les chaînes d’approvisionnement et planifier pour la stabilité. Cette méthodologie a été conçue pour un monde qui n’existe plus.
Afin de comprendre comment les hauts dirigeants du secteur manufacturier composent avec cette transition, nous nous sommes entretenus avec 164 d’entre eux dans le cadre de notre étude annuelle La voix de nos clients CGI 2026. Grâce à ces perspectives, nous avons dressé le portrait d’un secteur sous une pression sans précédent, qui force les hauts dirigeants à repenser leurs activités.
Explorez les principaux sujets abordés dans ce blogue
- Les perturbations font maintenant partie de l’environnement opérationnel
- Arrêtez de planifier pour la stabilité, bâtissez pour l’incertitude
- Les enjeux liés aux changements climatiques sont désormais des défis opérationnels
- La technologie n’est pas l’obstacle le plus important à la transformation, ce sont les talents
- L’IA est passée de l’expérimentation à la création de valeur
- L’occasion d’affaires se trouve dans la fabrication unifiée et adaptative
- Bâtir pour l’incertitude : le programme des hauts dirigeants du secteur manufacturier
Les perturbations font maintenant partie de l’environnement opérationnel
Les hauts dirigeants du secteur manufacturier ont régulièrement mentionné les mêmes enjeux : instabilité géopolitique, fragmentation du commerce, pressions liées aux changements climatiques, pénuries de talents, cyberrisques et attentes croissantes concernant la performance numérique. Ce qui a changé est la convergence simultanée de ces forces.
Aucune de ces pressions n’agit individuellement. Des changements dans les méthodes d’approvisionnement affectent les profils de risques. Les pénuries de talents accélèrent les plans d’automatisation. La volatilité de l’énergie a une incidence sur les coûts et les décisions d’investissement à long terme.
Le secteur manufacturier a toujours été complexe, mais l’environnement d’aujourd’hui est caractérisé par une juxtaposition de perturbations géopolitiques, financières, physiques et opérationnelles. Parallèlement, la pression liée au besoin de modernisation continue de s’intensifier.
Nos conclusions reflètent cette réalité. Lorsqu’ils ont été questionnés à propos des macrotendances affectant leurs activités, 68 % des hauts dirigeants du secteur manufacturier ont mentionné les évolutions du commerce mondial et de l’ordre économique comme ayant une forte incidence, avec une note de 7,8 sur 10.
Aucun autre secteur d’activité n’a obtenu une note aussi élevée. Cela souligne une évolution fondamentale : l’incertitude n’est plus seulement une exception à gérer. C’est la nouvelle normalité. Les hauts dirigeants du secteur manufacturier qui réussiront seront ceux qui auront intégré la résilience à leurs activités, ce qui créera des organisations conçues pour encaisser les perturbations, s’adapter rapidement et saisir les occasions d’affaires dans un monde imprévisible.
Arrêtez de planifier pour la stabilité, bâtissez pour l’incertitude
L’incertitude géopolitique est devenue une priorité pour tout conseil d’administration.
Les droits de douane, les barrières commerciales, la régionalisation, les réglementations en constante évolution et les perturbations dans la chaîne d’approvisionnement forcent les entreprises manufacturières à reconsidérer leurs lieux de production, leurs méthodes d’approvisionnement et quelles dépendances elles acceptent. Depuis des décennies, l’objectif principal était la poursuite de l’efficacité. Aujourd’hui, la résilience, la flexibilité et la garantie d’approvisionnement sont toutes aussi importantes.
Lorsque nous avons questionné les entreprises manufacturières à propos des répercussions causées par l’évolution des dynamiques commerciales, les préoccupations les plus souvent exprimées étaient : la perturbation de la chaîne d’approvisionnement, le repositionnement commercial, l’incertitude quant aux réglementations ainsi que les droits de douane et les barrières commerciales.
En raison de ces facteurs, les entreprises manufacturières s’éloignent des modèles opérationnels optimisés uniquement pour le gain d’efficacité pour se tourner vers des modèles conçus pour opérer en période soutenue d’incertitude.
Les enjeux liés aux changements climatiques sont désormais des défis opérationnels
Les pressions liées aux changements climatiques ne se limitent plus qu’à une mention dans le rapport ESG. Elles orientent de plus en plus les décisions relatives aux opérations, aux priorités d’investissement et à la planification à long terme.
Les entreprises manufacturières font face à des pressions croissantes de décarbonation de leurs activités, d’électrification de leurs actifs et de conformité aux réglementations en constante évolution, en plus de devoir gérer les marchés volatils de l’énergie et les accès incertains aux ressources essentielles.
Plus de la moitié des hauts dirigeants avec qui nous nous sommes entretenus ont mentionné que les pressions liées aux changements climatiques ainsi qu’à la transition ont une forte incidence, avec une moyenne de 7,3 sur 10. Leurs principales préoccupations comprenaient : la décarbonation, l’électrification, les incertitudes liées aux réglementations, les pressions sur le rendement du capital investi, la résilience de la chaîne d’approvisionnement et la disponibilité des ressources.
En réponse, les entreprises manufacturières renforcent la planification de scénarios, ce qui permet d’améliorer la visibilité des activités et d’intégrer une plus grande flexibilité dans l’ensemble des réseaux de production. Leur réussite dépendra moins de la prévision de l’avenir et davantage de leur capacité à réagir adéquatement en fonction des conditions changeantes.
La technologie n’est pas l’obstacle le plus important à la transformation, ce sont les talents
L’enjeu lié à la main-d’œuvre demeure l’un des obstacles les plus persistants du secteur.
Les talents spécialisés sont difficiles à trouver, les travailleurs expérimentés prennent leur retraite et les connaissances institutionnelles essentielles ne sont pas transmises. Au même moment, les organisations aident les employés à s’adapter aux nouveaux outils numériques ainsi qu’aux nouvelles méthodes de travail.
Les préoccupations liées à la main-d’œuvre les plus soulevées dans le cadre de notre étude sont : les pénuries de talents, les difficultés d’embauche, le vieillissement de la main-d’œuvre, les départs à la retraite ainsi que les risques de succession.
Il ne s’agit pas seulement d’un enjeu touchant les ressources humaines. Il affecte le rythme de la transformation, la stabilité opérationnelle, la capacité d’innovation et le déploiement de nouvelles technologies à grande échelle. Cela explique aussi pourquoi plusieurs entreprises manufacturières investissent dans la collaboration humain-machine afin de préserver leur expertise, soutenir la prise de décision et accroître les capacités de leur main-d’œuvre.
L’IA est passée de l’expérimentation à la création de valeur
L’intelligence artificielle (IA) est une priorité de plus en plus importante pour les hauts dirigeants, mais la conversation à son sujet a évolué.
Les entreprises manufacturières ne se demandent plus si l’IA a du potentiel. Elles se demandent si elle peut générer une valeur commerciale mesurable. Les cas d’utilisation communs comprennent : l’augmentation du temps de disponibilité, la réalisation de maintenances prédictives, le renforcement des prévisions, l’accélération de l’ingénierie et l’amélioration de la sécurité.
L’IA et l’automatisation font partie des priorités d’entreprise les plus importantes de notre étude. En ce qui concerne les fonctions de TI, 72 % des hauts dirigeants ont mentionné les systèmes de gestion intégrés (ERP) et centraux comme principale priorité.
Les entreprises de premier plan ne traitent pas l’IA comme une initiative isolée. Elles l’édifient sur une base de données fiables, de plateformes modernes et d’opérations intégrées.
L’occasion d’affaires se trouve dans la fabrication unifiée et adaptative
L’instabilité commerciale, les perturbations dans la chaîne d’approvisionnement, la disponibilité de l’énergie, les pressions liées aux changements climatiques, les pénuries de talents, les cyberrisques et l’adoption de l’IA ne peuvent pas être considérés comme des initiatives séparées. Les entreprises manufacturières qui réalisent le plus grand progrès lient ces priorités à l’ensemble de leur organisation.
La fabrication unifiée combine opérations connectées, données de confiance, prise de décision intégrée et plateformes numériques évolutives. Cela permet aux organisations de répondre aux perturbations en tant que système coordonné, plutôt que comme des unités déconnectées.
Lorsque l’incertitude devient la norme, l’adaptabilité devient l’avantage.
Bâtir pour l’incertitude : le programme des hauts dirigeants du secteur manufacturier
Le message destiné aux hauts dirigeants du secteur manufacturier est clair : l’incertitude n’est plus seulement une perturbation ponctuelle à gérer; c’est l’environnement dans lequel les organisations doivent se faire concurrence et croître.
La réussite dépendra des hauts dirigeants qui sont en mesure d’articuler une vision audacieuse pour l’avenir, en jetant un regard honnête sur les capacités, les contraintes et les vulnérabilités d’aujourd’hui. Les organisations qui émergeront plus fortes seront celles qui traiteront la résilience face aux menaces non pas comme une mesure défensive, mais comme un avantage stratégique.
Cela commence par le renforcement des bases de l’entreprise : simplifier les processus complexes, moderniser les systèmes existants et établir des données fiables et de haute qualité dans l’ensemble de l’organisation. Tout aussi importants, les hauts dirigeants doivent éliminer les cloisonnements en harmonisant les fonctions d’affaires et de TI ainsi que les activités d’usine, en plus d’offrir des occasions de collaboration aux fournisseurs, aux partenaires et aux fournisseurs de services.
Grâce à cette base, les entreprises manufacturières peuvent accélérer l’adoption de l’IA, déployer des services connectés à grande échelle et réagir aux évolutions du marché avec une vitesse et une confiance accrues. Celles qui passent à l’action aujourd’hui feront bien plus que simplement encaisser les perturbations. Elles transformeront l’incertitude en un catalyseur de croissance, de résilience et d’avantage concurrentiel durable.
Communiquez avec moi pour en savoir plus à propos des perspectives La voix de nos clients de cette année et de notre expérience à soutenir les acteurs du secteur manufacturier à obtenir résilience, agilité et nouveaux moteurs de croissance.
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