En raison de l’augmentation des menaces liées au crime financier ainsi qu’à leur sophistication accrue, les institutions financières peinent à garder une longueur d’avance et à assurer les plus hauts niveaux de protection pour leurs organisations et leurs clients. Dans la première des deux parties de ce billet de blogue, nous explorerons certains des facteurs à l’origine de la complexité croissante et de l’augmentation des coûts de la lutte contre le crime financier. Dans la seconde partie, nous discuterons d’une nouvelle approche qui aborde les défis actuels dans la lutte contre ce fléau.

Pour quelles raisons est-ce que le crime financier consomme une part de plus en plus importante du budget des banques et occupe davantage l’attention des organisations? Il existe de nombreux facteurs qui contribuent à accroître la complexité et le coût de la lutte contre le crime financier. D’abord, les autorités de réglementation de partout dans le monde cherchent à résoudre les mêmes problèmes, mais elles les abordent de différentes façons et selon des règles variées. Une banque régionale ou mondiale exerçant des activités en plusieurs emplacements devra donc déterminer quelles règles appliquer à chaque transaction. Plus l’institution est grande, plus ses opérations sont complexes et plus il est difficile de se conformer à la réglementation.

Il est par exemple difficile d’assurer le suivi des sanctions puisque chaque territoire émet sa propre liste d’entités sanctionnées. La vérification de chaque transaction en temps réel pour s’assurer que le contrôle des sanctions est correctement effectué requiert le maintien, la mise à jour et l’utilisation de nombreuses listes noires. Les institutions doivent également déterminer quelle liste utiliser pour chaque transaction.

Ensuite, la mondialisation de la finance et le développement des systèmes de paiement électronique instantané ont eu une incidence sans précédent sur l’évolution de la fraude. En Europe, la nouvelle infrastructure de paiement instantané SEPA (espace unique de paiements en euros) sera mise en œuvre en 2017. Une fois pleinement opérationnel, ce système permettra d’envoyer des fonds outre-frontière en temps réel, créant un processus opérationnel supplémentaire dont il faudra assurer le suivi.

D’ici à la fin de 2017, plusieurs pays traiteront les transactions en temps réel (parfois même en utilisant un protocole de base de données de registre de transactions distribué n’exigeant aucune permission) et les activités délinquantes devront être détectées en quelques nanosecondes. Pour le secteur bancaire, cela signifie que les organisations ne pourront plus interrompre les transactions et en effectuer la vérification par lot ou pendant la nuit. Tout devra être effectué en temps réel. Lorsqu’une alerte sera lancée, tout devra être vérifié immédiatement, ce qui augmentera les coûts de traitement de chacune des alertes.

De récentes analyses estiment que chaque alerte faussement positive coûte plus de 30 $ à la banque. Comme les banques mondiales traitent des millions de transactions et que la plupart ont des taux de faux positifs atteignant plus de 5 % des alertes, le coût de gestion de celles-ci devient très lourd.

En troisième lieu, les menaces de crime financier prennent désormais la forme de fraude financière, de blanchiment d’argent et de corruption, ainsi que d’une foule de nouveaux cybercrimes, qui peuvent être encore plus difficiles à surveiller et à prévenir. La menace est devenue tellement diversifiée qu’il est impossible pour un service ou une unité fonctionnant en vase clos de la gérer de façon efficace.

En quatrième lieu, en raison des nouvelles technologies, les cybercrimes multidimensionnels ont atteint des niveaux de sophistication qui rendent les méthodes conventionnelles d’application de la loi inefficaces. L’atténuation des répercussions de ces crimes et la lutte contre ces derniers continueront de s’avérer problématiques car il est très difficile de prédire les menaces et les tendances. L’ampleur sans précédent du problème menace la capacité des autorités à y remédier. On estime que plus de 150 000 virus et autres types de programmes malveillants sont en circulation à l’échelle mondiale et que plus de 148 000 ordinateurs sont compromis chaque jour.

En revanche, les autorités ont plus de données sur les activités criminelles à leur disposition que jamais, ce qui améliore grandement la collecte de renseignements et leur permet de réaliser des enquêtes de façon rationalisée et rentable.

Comment devraient réagir les institutions financières? Quels changements sont requis pour combattre les nouveaux types de crimes financiers tout en exerçant un contrôle sur les coûts? Dans la seconde partie de ce billet de blogue, nous discuterons d’une nouvelle approche permettant de combattre le crime financier à l’échelle de l’entreprise en décloisonnant les structures fonctionnelles traditionnelles pour aider les banques à atteindre de plus hauts niveaux de sécurité, et ce, de manière rentable. Cette approche leur permet non seulement de protéger leurs activités, mais également de se doter d’un avantage concurrentiel.

Je vous invite à communiquer avec nous si vous souhaitez avoir une discussion plus approfondie au sujet de ces facteurs et de leur incidence sur votre organisation. Vous pouvez nous joindre à banking.solutions@cgi.com. Demeurez à l’affût pour la seconde partie de ce billet de blogue afin d’en apprendre davantage sur une nouvelle approche visant à composer avec la complexité et les coûts croissants de la lutte contre le crime financier.

À propos de l’auteur

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CGI’s Financial Services Practice

Fondée en 1976, CGI est l’une des plus importantes entreprises de services en technologies de l’information (TI) et en gestion des processus d’affaires au monde. Offrant des services à partir de centaines d’emplacements à l’échelle mondiale, CGI aide ses clients à devenir des organisations numériques ...

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