Dans cet épisode de notre balado De la transaction à la confiance, l’animatrice, Maida Zahid, et Curtis Nybo, directeur en intelligence artificielle et en informatique quantique chez CGI, explorent comment l’informatique quantique bouleverse les services financiers et ce que les hauts dirigeants peuvent accomplir dès maintenant pour se préparer afin d'obtenir des résultats mesurables.

Exploiter une nouvelle puissance de calcul pour résoudre les défis financiers complexes

Bien que souvent perçue comme une technologie du futur, l’informatique quantique est une réalité d’aujourd’hui. Il ne s’agit pas d’une amélioration progressive des systèmes existants, mais, comme l’explique Curtis Nybo, « une toute nouvelle manière de traiter l’information ».

Contrairement aux ordinateurs classiques qui utilisent des bits (0 ou 1), l’informatique quantique utilise des qubits. Grâce à la superposition et l’intrication, les qubits peuvent évaluer plusieurs possibilités simultanément, ce qui permet aux institutions financières de résoudre des problèmes liés à l’optimisation et aux simulations dont la complexité croît de manière exceptionnelle.

Les systèmes quantiques ne remplaceront pas les infrastructures classiques. Au contraire, ils vont en améliorer les capacités, puisqu’ils vont résoudre des défis hautement complexes pendant que les systèmes classiques continueront de traiter efficacement les flux de travaux transactionnels. « Ils ne sont pas meilleurs dans tous les domaines, explique M. Nybo. Pour la plupart des tâches courantes, même pour ce qui est du traitement des transactions, du bon fonctionnement des bases de données ainsi que de l’envoi de courriels, les systèmes classiques demeureront la solution la plus efficace. » La véritable puissance de l’informatique quantique réside dans la résolution de problèmes dont la complexité croît de manière exponentielle.

Accélérer la performance du portefeuille, l’analyse des risques et la détection de la fraude

Les institutions financières gèrent constamment des défis d’optimisation et de simulation à grande échelle. Comme l’explique Curtis, les capacités de l’informatique quantique rendent possible de nouvelles occasions d’affaires sur trois horizons :

  • Court terme – Amélioration de l’optimisation du portefeuille et de la détection de la fraude à l’aide de modèles hybrides quantiques-classiques capables d’identifier des schémas complexes dans de grands ensembles de données.
  • Moyen terme – Accélération des simulations Monte-Carlo pour évaluer les produits dérivés et mesurer plus rapidement les risques, ce qui permet d’accroître la capacité de réponse aux marchés volatils.
  • Long terme – Mise à l’échelle d’une optimisation en temps réel du portefeuille mondial de solutions et de la modélisation des risques systémiques, au-delà des limites de calcul d’aujourd’hui.

Protéger la sécurité des données à long terme à l’ère quantique

L’informatique quantique expose des considérations importantes en matière de sécurité. Les attaques qui visent à recueillir les données maintenant et à les déchiffrer plus tard permettent aux auteurs de menaces de stocker les données chiffrées en vue d’obtenir des capacités de déchiffrement quantique à l’avenir.

Pour les institutions financières qui gèrent des données sensibles possédant un long cycle de vie, cela crée un sentiment d’urgence afin d’entreprendre leur transition vers des capacités de cryptographie post-quantique.

Une préparation immédiate contribue à maintenir la confiance des clients, la conformité réglementaire et la résilience institutionnelle.

Bâtir une base pratique pour les institutions financières prêtes pour l’ère quantique

L’ère de l’avantage quantique débute. Les systèmes quantiques imparfaits à échelle intermédiaire sont déjà offerts par l’entremise du nuage. Les institutions peuvent commencer leurs mises à l’essai dès aujourd’hui.

Les leaders peuvent prendre des mesures concrètes :

  • éduquer la haute direction à distinguer les tendances du moment des occasions d’affaires mesurables;
  • débuter par des projets pilotes ciblés pour valider les cas d’utilisation de grande valeur;
  • former le talent à l’interne grâce à des initiatives d’apprentissage ciblées;
  • préparer l’architecture afin d’intégrer les services quantiques en nuage;
  • planifier la migration vers les capacités de cryptographie post-quantique pour atténuer les risques à long terme liés à la cryptographie.

Comme l’indique Curtis dans sa conclusion, ce parcours commence par l’acquisition de connaissances et l'élaboration d’un plan stratégique. En agissant immédiatement, les institutions financières peuvent se positionner au-delà des prédictions et commencer à bâtir un parcours concret et axé sur les résultats vers l’ère quantique.