Dans l’économie numérique actuelle, la souveraineté numérique n’est plus uniquement une responsabilité technique ou réglementaire, mais un impératif en matière de leadership.
À l’occasion de la Journée de la protection des données, nous nous rappelons que les attentes en matière de gouvernance responsable et transparente des données continuent de croître. Ce regain d’intérêt offre un angle particulièrement opportun pour explorer les raisons pour lesquelles la souveraineté numérique constitue une priorité stratégique.
Dans tous les secteurs, les hauts dirigeants repensent la manière de renforcer le contrôle, la confiance et la résilience dans un contexte de complexité croissante, d’incertitude géopolitique et d’évolution technologique constante. Ils recherchent la clarté et la sécurité opérationnelle à un moment où la confiance est essentielle et où l’infrastructure numérique soutient tout, de la prestation de services aux infrastructures nationales et à la sécurité.
La question n’est plus de savoir si la souveraineté est importante, mais comment les organisations vont concevoir leurs stratégies en matière de données, d’infonuagique et de réalités transfrontalières pour y parvenir avec confiance, agilité et prévoyance.
De la conformité au contrôle : affiner la souveraineté
La réglementation est un fondement, pas une ligne d’arrivée. La conformité peut garantir la légalité, mais elle ne garantit pas le contrôle et l’autonomie. La véritable souveraineté réside dans la création d’écosystèmes numériques qui préservent l’indépendance, protègent les actifs critiques, résistent à la dépendance et favorisent la transparence et la confiance.
Ce qui semblait autrefois être un défi en matière de conformité est aujourd’hui le point de départ de quelque chose de bien plus ambitieux : la possibilité de diriger avec confiance et responsabilité à l’ère numérique.
Voir au-delà de l’illusion du contrôle
Conserver les données à l’intérieur des frontières nationales ou déployer une « infonuagique souveraine » ne garantit pas la souveraineté. L’extraterritorialité des juridictions étrangères et les dépendances opaques des fournisseurs peuvent compromettre les systèmes les plus localisés. Il est de plus en plus difficile de maintenir la visibilité et le contrôle.
La souveraineté n’est pas un labyrinthe dans lequel il faut naviguer, c’est un système à façonner. Les dirigeants avant-gardistes n’attendent pas que les régulateurs dictent leur conduite. Ils conçoivent de manière proactive des écosystèmes numériques souverains par conception dans lesquels l’infrastructure, les données et l’innovation s’alignent sur les obligations légales, les attentes des parties prenantes et les résultats d’affaires à long terme.
Relever les principaux défis
Si de nombreuses organisations reconnaissent l’importance de la souveraineté numérique, sa mise en œuvre nécessite de relever des défis profondément ancrés.
- Réglementations fragmentées et contradictoires : Réagir à chaque nouvelle réglementation, dans chaque pays, au lieu d’élaborer une stratégie mondiale unifiée, peut exposer les organisations à une vulnérabilité permanente face au changement.
- Infrastructure existante : Les systèmes obsolètes dont la conception n’est pas souveraine peuvent obscurcir les flux de données, affaiblir la gouvernance, entraver la transparence et limiter l’agilité nécessaire pour diriger en toute confiance.
- Dépendance aux fournisseurs : Une forte dépendance à un seul fournisseur limite la flexibilité stratégique et le pouvoir de négociation.
- Compromis en matière de conception : Les offres souveraines peuvent involontairement créer de nouvelles formes de dépendance si elles ne reposent pas sur des standards ouverts ou des architectures portables.
- Expertise limitée : Une véritable souveraineté nécessite une expertise en matière de réglementation, de sécurité, d’architecture et de gouvernance, des compétences qui font encore défaut dans la plupart des organisations.
- Culture et état d’esprit : Considérer la souveraineté comme un problème informatique plutôt que comme une priorité du conseil d’administration empêche toute transformation significative.
Transformer la souveraineté en avantage stratégique
Dans le monde actuel, la confiance est devenue la monnaie d’échange déterminante de l’économie numérique. Les clients, les citoyens et les partenaires exigent que leurs données soient protégées, utilisées de manière responsable et gérées de manière transparente.
Les dirigeants tournés vers l’avenir savent que le renforcement de la souveraineté numérique est l’un des moyens les plus efficaces pour instaurer cette confiance et offrir un avantage stratégique mesurable.
- Sécuriser son influence grâce au contrôle : En prenant le contrôle de leurs données et de leurs chaînes d’approvisionnement numériques, les organisations prennent des décisions qui soutiennent leurs stratégies. Ce contrôle devient une source d’agilité et de confiance sur des marchés en constante évolution.
- Instaurer la confiance grâce à la transparence : Une gestion éthique des données et une gouvernance ouverte sont des gages de responsabilité. La transparence devient un facteur de différenciation qui renforce les relations avec les clients, les citoyens et les partenaires.
- Favoriser l’innovation grâce à la confiance : L’intégration de la conformité et de la gouvernance dès la conception permet de gagner en rapidité et en sécurité pour développer l’IA, l’infonuagique et l’analytique de manière responsable.
- Renforcer la résilience grâce à l’autonomie : La réduction des dépendances opaques favorise la continuité et la stabilité face aux perturbations, aux cybermenaces et aux chocs géopolitiques.
Piloter la prochaine phase de la souveraineté numérique
La souveraineté ne s’établit pas uniquement par des politiques; elle est conçue grâce à une gouvernance, une architecture et une culture délibérées. Traiter ces dimensions exige à la fois un engagement de la direction et des mesures concrètes. Voici par où commencer.
- Faites de la souveraineté une priorité stratégique. Intégrez-la dans les discussions du conseil d’administration et la stratégie d’affaires comme une nécessité, et non comme un simple exercice de conformité.
- Redéfinissez les achats pour la souveraineté. Faites des contrats compatibles avec la souveraineté, assurez une transparence sur la résidence des données et définissez clairement des stratégies de sortie : ces éléments doivent devenir des exigences de base de la confiance numérique pour chaque fournisseur tiers, et non des garanties optionnelles.
- Appuyez-vous sur des standards ouverts et une diversification intelligente des fournisseurs. Collaborez avec d’autres parties prenantes et établissez les partenariats appropriés pour adopter des standards ouverts et des modèles fédérés* qui empêchent les cloisonnements de souveraineté, permettent des opérations transfrontalières fluides et réduisent la dépendance à un seul fournisseur.
- Modernisez de manière ciblée. Cartographiez les flux de données, identifiez les dépendances cachées et alignez vos initiatives de modernisation sur les principes de souveraineté afin de renforcer votre résilience à long terme.
- Collaborez avec conviction. Formez des écosystèmes avec des partenaires qui partagent vos principes de souveraineté et opèrent dans des juridictions alignées afin de renforcer la confiance et la responsabilité.
- Développez vos connaissances en matière de souveraineté. Donnez à vos fonctions d’affaires, technologiques et de conformité les moyens de prendre des décisions éclairées et interdisciplinaires.
- Adoptez des pratiques avancées de chiffrement et de gestion des clés. Veillez à ce que les clés de chiffrement restent sous le contrôle national ou organisationnel, en séparant la conservation des données de l’accès des fournisseurs.
- Encouragez la dépersonnalisation et la minimisation des données. Appliquez des techniques d’anonymisation et de pseudonymisation pour protéger les données sensibles tout en permettant l’analyse et l’innovation.
- Assurez la continuité des activités et la planification de la résilience. Mettez en place des systèmes redondants, des mécanismes de récupération multijuridictionnels et des processus de basculement autonomes pour garantir la continuité opérationnelle.
- Trouvez le juste équilibre entre ouverture et contrôle. Concevez des architectures suffisamment ouvertes pour favoriser l’innovation, mais assez contrôlées pour appliquer les principes de souveraineté.
Dans un monde où les infrastructures dépassent les frontières et où la réglementation est en constante évolution, les organisations doivent transformer la conformité en valeur et la souveraineté en fondement d’une innovation fiable et résiliente. Chez CGI, nous travaillons avec des dirigeants du monde entier pour concevoir des écosystèmes numériques transparents et prêts pour la souveraineté, qui renforcent la confiance et favorisent l’innovation en toute sérénité.
Contactez-nous pour découvrir les mesures concrètes à prendre pour faire progresser votre souveraineté numérique.
* Les modèles fédérés en matière de souveraineté numérique désignent des systèmes décentralisés mais interconnectés dans lesquels plusieurs fournisseurs indépendants opèrent selon des standards et une gouvernance commune tout en conservant le contrôle de leurs données et de leurs infrastructures.
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