Les organisations modernisent continuellement leurs activités, mais le font-elles en pensant au présent ou à l’avenir? Pour maintenir une architecture pertinente, les chefs de la direction technologique doivent faire progresser la modernisation sans générer de travail qui devra être refait.
Ils doivent distinguer les décisions de modernisation par étapes de celles de modernisation prospective, en plus d’inclure cette dernière à leur feuille de route d’architecture. L’exclure augmente les coûts des futures transformations et ralentit la capacité d’intervention de l’organisation. L’enjeu n’est pas de planifier pour l’avenir; tous les bons chefs de la direction technologique savent que cela doit se faire. Il s’agit plutôt de savoir comment entamer la modernisation pour l’avenir sans revoir l’architecture dans son intégralité.
Modernisation par étapes
Lorsque les organisations parlent de modernisation, ils font souvent référence à la modernisation par étapes. La modernisation par étapes consiste à migrer les logiciels et systèmes existants vers de nouvelles technologies, couche par couche.
Par exemple, on parle de remplacer une ancienne interface utilisateur conçue à partir d’un cadre de gestion obsolète par une interface utilisateur moderne basée sur React, qui permet de fractionner un service monolithique en microservices, ou encore d’adopter une approche d’étranglement afin de migrer une fonctionnalité vers des plateformes plus récentes tout en retirant graduellement les services existants.
Modernisation prospective
Le terme « modernisation prospective » provient du secteur public et des contextes liés à l’infrastructure, mais je l’emploie ici pour décrire un état d’esprit comparable dans une architecture d’entreprise. Nous constatons ce concept dans les programmes de modernisation du gouvernement fédéral et dans la réglementation financière : il ne s’agit pas seulement de combler les lacunes d’aujourd’hui, mais aussi de répondre aux exigences de demain. La même logique s’applique aux systèmes d’entreprise. La modernisation prospective décrit une approche qui, en plus d’actualiser les technologies, prépare l’architecture à s’adapter aux changements futurs.
L’intention derrière la modernisation prospective n’est pas de procéder à la refonte d’une application ni de répondre aujourd’hui à un besoin futur. Il s’agit plutôt d’apporter graduellement des changements à l’architecture afin de se préparer à l’avenir.
Prenons l’exemple de la « modernisation par étapes » : réécrire un frontal à partir d’un cadre d'applications moderne. Que faire si vous savez qu’il faudra un jour prendre en charge des applications mobiles? Ne choisissez pas n’importe quel cadre : optez pour celui compatible avec les applications mobiles. En définissant l’architecture de référence pour les appareils mobiles, il devient facile de voir quelles décisions prises aujourd’hui faciliteront la transition plus tard.
Le risque n’est pas lié au cadre d’applications, mais à l’optimisation d’un canal sans prévoir l’évolution vers plusieurs canaux.
Modernisation prospective
Ce schéma illustre comment la modernisation par étapes actualise la pile technologique actuelle, tandis que la modernisation prospective accroît la flexibilité de l’architecture pour répondre aux besoins futurs.
Miser sur la valeur
Les chefs de la direction technologique doivent éviter de poursuivre des ambitions technologiques sans lien avec les résultats. Si vous ne pouvez pas démontrer la valeur commerciale au moment de prendre des décisions liées à la modernisation, il ne s’agit pas d’une priorité de modernisation.
Une approche d’ingénierie axée sur l’élégance technique plutôt que sur la valeur peut mener à des modernisations par étapes qui ne font pas avancer les choses, qui échouent ou qui doivent être retravaillées.
Les priorités de modernisation doivent être guidées par la valeur commerciale. En y pensant systématiquement au moment de prendre des décisions liées à l’architecture, on oriente naturellement la modernisation vers des propositions axées sur la valeur.
Si vous planifiez une modernisation par étapes, tenez compte de l’orientation future de l’entreprise afin d’en accroître la valeur. Par exemple, si la feuille de route planifie déjà la modernisation d’un cadre d’API et que l’entreprise opte pour l’IA, choisir un cadre d’applications compatible avec les Model Context Protocols (MCP) peut créer de la valeur à faible risque. Dans ce cas-ci, le fait d’intégrer des MCP relie directement la modernisation prospective à la création d’une valeur commerciale.
Miser sur la valeur
Ce schéma démontre que les initiatives de modernisation doivent aller de l’avant uniquement si elles créent une valeur commerciale concrète, réduisent les coûts des changements futurs et préservent ou élargissent les possibilités d’évolution.
Changer les processus décisionnels
La majorité des programmes de modernisation s’arrêtent à la « nouvelle pile technologique ». Et si le véritable risque ne résidait pas dans la technologie existante, mais plutôt dans une ancienne logique? Les chefs de la direction technologique doivent intégrer directement la modernisation prospective et la valeur commerciale aux décisions liées à la feuille de route. Sans discipline, les organisations se laissent emporter par les tendances et réécrivent constamment leur architecture.
Parcourez les services de modernisation des applications de CGI afin d’accélérer la transformation, de réduire la complexité existante et de mettre en place des bases plus solides pour l’avenir. De plus, n’hésitez pas à communiquer avec moi pour discuter de l’approche de modernisation la plus appropriée pour votre organisation.

