Si vous travaillez dans une banque ou chez un prestataire de services de paiement, vous êtes probablement confronté à des défis liés aux liquidités. Les banques ont besoin de liquidités afin de financer les paiements en temps réel sortants depuis les comptes de leurs clients, le reste pouvant être placé auprès de la banque centrale où elles génèrent des intérêts.
Comme nous le savons, les banques renoncent à des revenus d’intérêts pour chaque euro inutilisé et placé auprès de la banque centrale. Cela a toujours été important, c’est pourquoi il est essentiel de calculer les liquidités nécessaires afin de financer les paiements sortants, car en conserver trop ou pas assez peut entraîner des incidents de paiement ou des pertes de revenus.
Auparavant, lorsque les paiements nécessitaient plusieurs jours de traitement (et que les paiements acheminés par le système de règlement brut en temps réel n’étaient effectués que pendant les heures ouvrées), le calcul des liquidités était bien compris et facile à gérer. Plus récemment, cependant, la croissance exponentielle des paiements instantanés a exercé une pression constante sans précédent sur les liquidités des banques, ce qui rend plus complexe la détermination du niveau de liquidités à mobiliser pour les paiements sortants.
Qu’est-ce qui a changé et quels sont les défis ?
Deux éléments ont changé, et ils sont liés. D’abord, les organisations ont évolué vers un environnement principalement numérique où les transactions ont lieu à toute heure du jour et de la nuit. Résultat ? Les paiements ne sont plus seulement émis pendant les heures de bureau et les particuliers comme les entreprises s’attendent désormais à pouvoir transférer leurs fonds immédiatement et en tout temps.
Ensuite, cette évolution a été soutenue et accélérée dans plusieurs régions par des initiatives réglementaires visant à promouvoir les paiements en temps réel et éliminer les barrières structurelles comme les limites de transaction. Dans la zone euro, les virements instantanés SEPA permettent des transactions allant jusqu’à 100 000 €. Des discussions sont en cours pour augmenter cette limite à 1 million €. Aux États-Unis, des réseaux plus rapides de paiement permettent des transactions allant jusqu’à 10 millions $, tandis que le projet Faster Payments au Royaume-Uni permet d’effectuer des transactions allant jusqu’à 1 million £, ce qui augmente le nombre de cas d’utilisation et de paiements instantanés de grande valeur.
En pratique, cela signifie qu’une entreprise cliente d’une banque peut effectuer des transactions totalisant plusieurs milliards d’euros, de dollars ou de livres sterling en l’espace d’une nuit, pendant un week-end ou un jour férié, ce qui exige que sa banque dispose des liquidités suffisantes pour régler immédiatement ses paiements. Puisque les banques centrales sont fermées en dehors des heures ouvrées, la banque doit disposer à l’avance des liquidités nécessaires à sa position avant la clôture des opérations le vendredi afin de respecter ses obligations liées à ce type de règlement en temps réel.
La banque n’a pas le droit à l’erreur. Si les liquidités sont mal calculées, les paiements peuvent être en défaut, ce qui affecte les clients, entraîne des risques réputationnels et réglementaires ou, au minimum, mène à des comptes à découvert. Dans un environnement en temps réel, il devient plus difficile de prévoir avec précision les liquidités nécessaires. Toutefois, cela reste essentiel, car cela affecte directement les comptes clients et leur rentabilité. Si un manque de fonds pose un problème, un excédent est tout aussi indésirable, car les liquidités mobilisées ne génèrent aucun intérêt.
Comment les banques font-elles face à cette problématique ?
Les banques ont déjà ajusté leurs processus opérationnels pour répondre à ces nouveaux défis. L’approche la plus évidente consiste à établir des plafonds sur les paiements individuels que les clients professionnels peuvent envoyer. De plus, une banque peut décider de limiter les paiements sortants jusqu’à ce qu’elle reçoive les liquidités nécessaires via des paiements entrants.
Une autre approche consiste à mettre en œuvre une tarification sur le traitement des paiements en temps réel de grande valeur en dehors des heures ouvrés. Certaines banques ont déjà adopté tout ou partie de ces mesures et, bien qu’elles permettent d’atténuer les problèmes liés à la disponibilité des liquidités, elles ne constituent pas une solution durable (et risquent de créer d’autres problèmes tels que l’expiration de paiement en temps réel en raison de leur suspensions).
Une approche plus préventive et fondée sur les systèmes consiste à concevoir des outils de suivi intra journalier de la position en temps réel pour l’ensemble des comptes, des systèmes et des prévisions de flux attendus, ce qui permettrait d’alerter immédiatement les équipes responsables de la trésorerie lorsque le solde des liquidités approche des seuils critiques. Cependant, cela peut être complexe à mettre en œuvre, car cette approche repose sur la disponibilité en temps réel de données complètes et fiables.
Un avantage concurrentiel pour certaines banques
Il est clair qu’une gestion efficace des liquidités peut offrir un avantage concurrentiel. Dans un monde idéal, il ne serait pas nécessaire de limiter les paiements en temps réel en raison de contraintes de liquidité, et les banques maintiendraient le capital optimal avec la banque centrale.
Plusieurs études sur la gestion des liquidités publiées au cours de la dernière année identifient l’intelligence artificielle (IA) comme un levier potentiel pour améliorer significativement la précision des prévisions. À première vue, cette promesse est séduisante. Cependant, l’optimisation par l’IA devrait intervenir en dernier recours, et non constituer le point de départ. Toute solution de gestion des liquidités dépend de la qualité, de la structure et de l’exhaustivité des données qui la compose.
Avant d’investir dans des modèles prédictifs avancés, les banques doivent répondre à des questions fondamentales : les données sont-elles gouvernées de manière cohérente, régulière et structurée ? Sont-elles sont structurées de manière à permettre des prévisions fiables ? La variété et la complexité des besoins de liquidités justifient-elles l’investissement dans des capacités fondées sur l’IA ? Sans une base de données solide et une volatilité suffisante, même l’algorithme le plus sophistiqué ne donnera pas les résultats attendus.
Face à ces enjeux, une question s’impose : faut-il investir dans une solution sur mesure ou choisir une plateforme qui répondra aux besoins ?
Investir dans une solution de gestion des liquidités
Nous pensons qu’une plateforme intégrant un module de gestion des liquidités capable de suivre les fonds à chaque étape des processus de validation et de règlement, ou dans le cadre d’accords bilatéraux, constitue sans doute la solution la plus pertinente. Le gestionnaire des liquidités suit les flux en temps réel selon les règles de gestion clairement définies. Chaque composant modulaire intègre des capacités d’IA agentique qui peuvent être adaptées via des API selon les besoins de paiement ou d’autres services bancaires.
Nous disposons de nombreuses années d’expérience dans la mise en œuvre de nouveaux réseaux de paiement à l’échelle mondiale sur les sites clients et via nos services managés, ainsi que dans la conception de services de paiement innovants à forte valeur ajoutée.
Pour discuter davantage de ce sujet, n’hésitez pas à me contacter et à découvrir l’expertise de CGI en matière de paiements.

