Julien Cognet, Vice-Président, Architecte solutions dans le secteur de l’Énergie chez CGI en France

Concrètement, quel problème as-tu voulu résoudre avec l’IA… et pourquoi ?

Tout part d’une mission chez notre client dans le secteur de l’énergie, où l’on travaille sur une plateforme qui pilote le confort énergétique de bâtiments, avec beaucoup de capteurs et de règles de gestion. Cet outil, qui a plus de vingt ans, a été enrichi au fil du temps et reste central pour le client. Le problème, c’est qu’au fil du temps ces règles se sont accumulées. Certaines sont documentées, d’autres beaucoup moins. Elles existent surtout dans le code, ce qui entraîne des écarts entre ce qui est compris, validé et réellement exécuté.

On est dans un programme de modernisation important, où les équipes métier de CGI sont très sollicitées pour définir les règles de gestion, produire les spécifications et valider les évolutions.

L’enjeu est clair : gagner en efficacité. Une des approches explorées avec l’IA consiste donc à générer automatiquement des cahiers de tests à partir des règles de gestion, pour accélérer la validation et fluidifier les différentes étapes du projet.

À quel moment tu t’es dit : “ok, là ça devient concret”… et qu’est-ce que ça change aujourd’hui ?

Le premier déclic, a eu lieu lors du Challenge Innovation chez CGI. Il s’agit d’un concours interne qui permet de proposer une idée et de la tester rapidement, avec un cadre et l’accompagnement d’experts dédiés. J’ai donc pu tester l’idée et faire une première démonstration devant le jury. A ce stade, nous étions encore dans une logique d’expérimentation.

Le vrai tournant est arrivé lorsque nous avons commencé à travailler avec les équipes qui définissent les besoins et réalisent les tests au quotidien chez le client. Au départ, il y avait pas mal de questions, et même une certaine réticence face à l’utilisation de l’IA dans notre solution.

Nous avons pris le temps d’expliquer, de montrer comment notre solution fonctionnait, et surtout de les impliquer dans la démarche. Progressivement, elles se sont approprié l’outil en y apportant leur expertise métier, en ajustant les prompts, et en testant différents cas.

Un moment qui m’a vraiment marqué : lorsqu’une personne de l’équipe, initialement sceptique, a fini par présenter la solution à notre client. À partir de là, tout a changé. Ce n’était plus un prototype technique, mais un outil utile, adopté et porté par les équipes.

Aujourd’hui, les résultats sont visibles. Les cahiers de tests sont générés plus rapidement de manière plus structurée et plus fiable. Mais surtout la façon de travailler a évolué. Les équipes fonctionnelles passent moins de temps sur des tâches répétitives et se concentrent davantage sur leur expertise : l’analyse, les cas complexes, la compréhension fine des besoins.

L’IA ne remplace pas leur travail, elle leur permet de le faire mieux. Et c’est sans doute là que le projet prend tout son sens : quand l’outil n’est plus seulement utilisé, mais réellement approprié par ceux qui en ont besoin au quotidien.

Qu’est-ce que CGI t’a donné comme terrain de jeu pour transformer cette idée en réalité ?

Le premier levier, ça a été le Challenge Innovation. C’est ce qui nous a permis de passer d’une idée à quelque chose de concret, avec du temps, un budget et un cadre pour expérimenter.

Ensuite, il y a eu le soutien et la confiance de mon management ainsi que l’opportunité de consacrer du temps au sujet. Il y a une vraie volonté d’avancer sur l’IA, et ça se traduit concrètement par la possibilité de tester, d’itérer et d’aller proposer cela jusqu’au client.

Ce qui a vraiment fait la différence chez CGI, c’est aussi la liberté d’entreprendre grâce à laquelle j’ai pu construire la solution. Je suis sortie de mon rôle d’architecte pour me rapprocher d’un rôle de product owner : porter l’idée, la faire évoluer et embarquer d’autres personnes. 

On a aussi pu travailler de manière très collaborative : avec un alternant, les équipes fonctionnelles, et le client. L’outil s’est construit progressivement, au contact du terrain.

Au-delà du projet, ça nous a permis de monter en compétence sur l’IA. On apprend en faisant, sur un vrai cas d’usage, avec un impact direct.

Dans 50 ans, quelle trace concrète aimerais-tu avoir laissée chez CGI ?

J’aimerais laisser des choses qui restent dans le temps. Pas seulement des projets, mais des outils et des pratiques, qui continuent à être utiles.

Par exemple, j’ai travaillé sur un jeu autour du Green IT pour transmettre des bonnes pratiques autrement, ou sur un guide de performance logicielle basé sur nos retours d’expérience. A chaque fois l’idée est la même : capitaliser sur ce que l’on apprend et le partager.

Chez CGI, nous intervenons dans des contextes très différents. Nous accumulons de beaucoup d’expérience. En la structurant et en la transmettant en interne voire en externe en tant que conférencier, nous créons de la valeur au-delà des missions.

Et c’est probablement cette capacité à transmettre qui laisse l’empreinte la plus durable.

Avec nous, libérez votre potentiel...