Benoit Leboucher

Benoit Leboucher

Vice-Président Senior, en charge des activités CGI Business Consulting

Emmanuel Heimbourger

Emmanuel Heimbourger

Vice Président, expert des activités conseil pour les secteurs Transports, Energie, Industrie et Secteur public - CGI Business Consulting

Le secteur des transports a une longueur d’avance dans l’usage de l’IA.

Mais la véritable rupture arrive maintenant : une accélération sans précédent des transformations et l’émergence de nouveaux intermédiaires qui pourraient redessiner toute la chaîne de valeur.

Alors que de nombreux secteurs explorent encore les usages de l’intelligence artificielle, le transport est déjà passé à l’échelle. Optimisation des flux, maintenance prédictive, planification : l’IA analytique est aujourd’hui pleinement intégrée dans les opérations, en particulier dans le ferroviaire.

Cette avance est un avantage compétitif réel. Mais elle marque surtout le début d’une nouvelle phase, beaucoup plus structurante.

Un levier immédiat de performance des infrastructures

Dans un contexte de contraintes budgétaires et d’objectifs de décarbonation, l’équation est simple : faire plus, sans construire plus.

L’IA permet précisément cela. Elle améliore la capacité des réseaux existants, optimise l’utilisation des ressources et renforce la fiabilité des opérations. Elle transforme les infrastructures en systèmes pilotés par la donnée, plus dynamiques et plus performants.

Elle constitue également un socle pour les évolutions vers la mobilité autonome. Si l’autonomie complète reste limitée à court terme, les briques technologiques se déploient déjà, notamment dans des environnements contrôlés.

La compétitivité des systèmes de transport repose désormais autant sur leur pilotage intelligent que sur leurs actifs physiques.

Une double rupture : accélération et désintermédiation

Équipe de Data Engineers analysant des flux de données

Le changement de paradigme repose sur deux dynamiques simultanées.

La première est l’IA générative, qui accélère fortement les transformations. Elle réduit les délais et les coûts de développement des systèmes, permettant de déployer plus rapidement de nouvelles capacités.

La seconde est l’IA agentique. Ces systèmes ne se contentent plus d’optimiser. Ils agissent. Ils prennent des décisions, enchaînent des actions et interagissent directement avec les utilisateurs. Ils introduisent surtout un nouvel acteur dans la chaîne de valeur. Demain, des agents IA pourront planifier un trajet, comparer les offres et réserver pour le compte des usagers. Cette évolution crée une forme de désintermédiation entre voyageurs et opérateurs.

C’est un double enjeu. Un risque de perte de contrôle de la relation client et de captation de la valeur. Une opportunité d’améliorer l’expérience utilisateur et de fluidifier les parcours.

Dans tous les cas, cela redéfinit les règles de la compétitivité.

Souveraineté : un risque stratégique

Cette transformation intervient dans un contexte de forte dépendance à des acteurs extra-européens, notamment sur les plateformes, les données et les interfaces utilisateurs.

L’émergence des agents IA renforce ce déséquilibre. Le risque est clair : voir la relation avec les usagers et l’accès au marché captés par quelques acteurs dominants. La souveraineté devient alors une condition de la compétitivité à long terme. Il ne s’agit plus seulement de technologie, mais de maîtrise des chaînes de valeur et des règles du jeu.

Les priorités des pouvoirs publics

Dans ce contexte, les pouvoirs publics ont un rôle décisif. Trois priorités structurantes se dégagent.

D’abord, anticiper et encadrer l’émergence des nouveaux intermédiaires issus de l’IA, afin d’éviter une désintermédiation subie et de préserver un accès équitable au marché.

Ensuite, garantir la maîtrise des briques technologiques critiques — données, infrastructures numériques, capacités algorithmiques — en soutenant des alternatives européennes.

Enfin, organiser un accès ouvert et interopérable aux données, condition indispensable à un écosystème équilibré et innovant.

À cela s’ajoute un impératif : accélérer l’appropriation de l’IA, notamment générative, par les acteurs publics eux-mêmes.

Le secteur des transports est en avance dans l’adoption de l’intelligence artificielle mais cette avance ne garantit rien. La prochaine phase — portée par l’IA générative et agentique — va accélérer la transformation et redistribuer la valeur. Dans ce contexte, la compétitivité ne se jouera plus uniquement sur les infrastructures. Elle se jouera sur la maîtrise des technologies, des données et de la relation avec les usagers.

C’est dès maintenant que cet équilibre se construit.

A PROPOS DES EXPERTS

Benoit Leboucher

Benoit Leboucher

Vice-Président Senior, en charge des activités CGI Business Consulting

Benoit Leboucher est Vice-Président Senior, à la tête de nos activités Conseil en France chez CGI Business Consulting.

Emmanuel Heimbourger

Emmanuel Heimbourger

Vice Président, expert des activités conseil pour les secteurs Transports, Energie, Industrie et Secteur public - CGI Business Consulting

Emmanuel Heimbourger est Vice Président, expert des activités conseil pour les secteurs Transports, Energie, Industrie et Secteur public - CGI Business Consulting