Olivier George

Olivier George

Directeur de programme & Campus Manager de Centrale Lyon

Le numérique représente aujourd’hui entre 3 % et 4 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, un niveau comparable à celui du transport aérien. Il constitue aujourd’hui un enjeu environnemental à part entière pour les organisations.

Pour traiter la question du Numérique Responsable, la difficulté des organisations n’est pas tant de lancer des actions que de construire une trajectoire cohérente, piloté dans le temps et capable de produire des résultats mesurables.

En finir avec les actions isolées et définir une trajectoire de progrès

Dans de nombreuses organisations, des actions sont déjà engagées : réduction des équipements, premiers projets d’écoconception, sensibilisation des équipes, exigences spécifiques dans certains appels d’offres… Ces initiatives témoignent d’une prise de conscience réelle. Elles demeurent souvent fragmentées, cantonnées à des périmètres isolés, sans vision d’ensemble ni pilotage partagé. Le Numérique Responsable reste alors un ensemble de bonnes pratiques plutôt qu’une politique structurée.

Structurer un plan de progrès Numérique responsable suppose d’abord de reconnaître le caractère transverse du sujet. Le Numérique Responsable ne relève pas uniquement de l’IT. Il concerne les usages, les achats, les prestataires, les modes de travail et, plus largement, la gouvernance de la transformation numérique.

Sans impulsion et soutien au plus haut niveau, les arbitrages nécessaires peinent à se faire, en particulier lorsque les objectifs de sobriété entrent en tension avec des impératifs de performance, d’innovation ou de délais.

Mettre en place une gouvernance et suivre les indicateurs

La structuration d’un plan de progrès repose d’abord sur la définition d’objectifs clairs. C’est une étape clé.
Exemple : réduire l’empreinte carbone des services numériques, améliorer la sobriété des infrastructures, renforcer l’accessibilité des services ou professionnaliser les équipes sur les sujets NR.

Business pProfessionals discussing strategy, symbolising CGI’s alliance with AWS

Ces ambitions doivent s’inscrire dans un dispositif de gouvernance formalisé, appuyé sur des indicateurs partagés et des revues régulières. Un plan de progrès Numérique Responsable n’est efficace que s’il est piloté.

C’est à cette condition que le Numérique Responsable cesse d’être une intention pour devenir un axe structurant de la stratégie numérique des organisations.

Les achats, catalyseur du changement

C’est du côté des achats que se situe l’un des leviers les plus structurants pour transformer l’ambition en résultats concrets. Intégrer le Numérique Responsable dans les processus de consultation permet d’agir à grande échelle. Concrètement, cela peut se traduire par la définition de critères attendus dès la phase amont d’un marché. Ces exigences doivent ensuite être intégrées aux contrats et suivies sur la durée de vie des marchés.

Cette approche envoie un signal clair à l’écosystème : le Numérique Responsable n’est pas un critère accessoire, mais un élément structurant des relations fournisseurs.

Du cadre méthodologique aux résultats observables : la démarche engagée par un grand groupe du secteur de l’Energie

Une de nos entreprise client dans le domaine de l’énergie choisi de bâtir un plan de progrès Numérique Responsable structuré, plutôt que de multiplier les initiatives ponctuelles.

La démarche est aujourd’hui déclinée chez CGI sur 11 programmes majeurs, embarquant plus de 700 collaborateurs. Une gouvernance trimestrielle, associée à des indicateurs partagés, permet de piloter les avancées et d’orienter les décisions sur le long terme.

Le Numérique Responsable est également intégré de manière opérationnelle dans les processus achats du groupe. Les prescripteurs et les acheteurs sont accompagnés pour rédiger les documents de consultation et évaluer les offres des soumissionnaires selon des critères NR clairement définis. Ces exigences s’appliquent ensuite sur la durée de vie des contrats, via des engagements suivis et évalués.

Au-delà de la voie réglementaire, l’entreprise a fait le choix d’une approche partenariale forte avec ses fournisseurs stratégiques IT, basée sur le volontariat et l’engagement. L’objectif affiché est clair : atteindre plus de 35 % du volume d’affaires confié à des fournisseurs engagés dans un partenariat numérique bas carbone à horizon 2027. Chaque partenariat fait l’objet d’un bilan annuel en comité stratégique, co-piloté avec les directions métier concernées. Cette structuration permet de traiter des sujets concrets comme la décarbonation des prestations de service, la rationalisation des équipements IT, l’écoconception au sein des projets IT et l’accessibilité des services numériques.

Cette démarche se traduit aujourd’hui par un score de 915 sur 1000 sur le référentiel du label Numérique Responsable.

Cet exemple met en évidence un enseignement majeur : le Numérique Responsable ne produit des résultats que lorsqu’il est abordé comme une démarche structurée, mesurable et collective versus un exercice de conformité.

Lorsqu’il est piloté dans le temps et partagé avec l’ensemble de l’écosystème, il devient un véritable levier de transformation, capable de concilier performance numérique, responsabilité et création de valeur durable.

A PROPOS DE L'EXPERT

Olivier George

Olivier George

Directeur de programme & Campus Manager de Centrale Lyon

Je porte la responsabilité de CGI dans le pilotage de projets à engagement pour de nombreux clients à Lyon. Je participe aussi activement au pilotage de notre entité lyonnaise et j’ai un rôle de contrôle et surveillance de nos activités projets sur le territoire Rhône-Alpes-Auvergne. ...