Bikram
possède
une
vaste
expérience
des
services
de
conseil
en
management
et
en
affaires,
ayant
dirigé
des
programmes
complexes
de
transformation
et
de
modernisation
dans
les
domaines
du
risque,
de
la
réglementation
et
de
la
conformité,
des
marchés
des
capitaux
...
Pourquoi les banques repensent-elles actuellement la gestion des risques?
Pour les institutions de services financiers d’aujourd’hui, la gestion des risques ne se limite plus à la conformité. Elle s’est transformée en une capacité stratégique qui influence et façonne directement les performances des organisations, optimise la répartition des capitaux et renforce la résilience organisationnelle.
Chaque fois qu’une nouvelle réglementation est introduite, qu’un rapport de surveillance est publié ou qu’un résultat financier révèle des performances plus faibles que prévu, le risque devient la priorité des dirigeants. Pourtant, lorsque la pression immédiate s’estompe, la transformation plus profonde perd souvent de son élan. Une approche réactive du calcul, de la gestion et du signalement des risques reste courante et coûteuse. À l’échelle mondiale, les amendes liées à la non-conformité ont atteint environ 14 milliards de dollars en 2024 (Thomson Reuters Regulatory Intelligence, 2024).
Le présent article explique comment les leaders des services financiers peuvent aller au-delà de la conformité réactive et dégager une valeur durable en repensant leur approche en matière de données, d’intégration et de gouvernance.
Nous nous concentrons principalement sur les marchés des capitaux (Bâle/B3R, risque de crédit, risque de marché, risque opérationnel, risque d’illiquidité et gestion actif-passif) et sur la lutte contre la fraude (lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme). Cependant, les considérations de mise en œuvre et les principes stratégiques abordés sont tout aussi pertinents pour d’autres fonctions des services financiers.
Le nouveau paysage des risques et de la réglementation
Le secteur des services financiers évolue dans un environnement marqué par une évolution constante de la réglementation et une surveillance accrue. Le Canada a adopté les normes de Bâle III en matière de fonds propres et de liquidités par l’intermédiaire des lignes directrices du Bureau du surintendant des institutions financières (BSIF), en intégrant les principes mondiaux de gestion des risques dans le cadre réglementaire national.
Les principaux éléments sont les suivants :
- Normes de fonds propres (NFP) – Capital minimal fondé sur les actifs pondérés en fonction des risques pour absorber les pertes
- Ratio de levier financier – Capital par rapport aux expositions totales
- Normes de liquidité (NL) – Résilience des liquidités à court et à long terme
- Règles de divulgation du troisième pilier – Obligations accrues en matière de rapports publics
- Attribution et prévision des actifs pondérés en fonction des risques – Explication détaillée des variations mensuelles et trimestrielles en matière de consommation de capital
Les banques doivent continuellement interpréter les exigences en constante évolution, les harmoniser entre les unités d’affaires et les systèmes, et assurer la transparence auprès des organismes de réglementation, des conseils d’administration et des investisseurs, tout en gérant les coûts et en faisant progresser leurs programmes de transformation numérique.
Le succès dépend de plus en plus de la manière dont la gestion des risques est considérée, non pas comme une obligation défensive de rendre compte, mais comme le fondement d’une prise de décision plus agile et mieux informée.
Du fardeau de la conformité à la capacité stratégique : le dilemme des données
Toute transformation majeure dans la gestion des risques commence par les données, qui constituent souvent les premiers obstacles à surmonter.
Les données sur les risques circulent entre plusieurs systèmes et secteurs d’activité, chacun fonctionnant avec ses propres définitions, contrôles et processus. Les mêmes renseignements peuvent être classés différemment d’un service à l’autre, ce qui crée de la fragmentation et de l’ambiguïté. Lorsque des fusions, des acquisitions ou de nouvelles plateformes sont introduites, ces incohérences ont tendance à se multiplier.
Il en résulte un environnement de données fragmenté caractérisé par les éléments suivants :
- Rapprochements manuels
- Résultats de rapports incohérents
- Manque de transparence sur les facteurs de changement
- Diminution de la confiance dans les prévisions et les analyses de données
Sans une gouvernance et une harmonisation solides, les institutions ont du mal à passer d’une conformité réactive à une vision prospective.
Conception axée sur l’intégration et la flexibilité
Les défis liés à l’intégration sont un thème récurrent dans les initiatives de transformation à grande échelle. Lorsque les banques fusionnent des entités ou modernisent des systèmes existants, des taxinomies de produits mal alignées, des processus incohérents et des flux de données fragmentés peuvent nuire au progrès de manière considérable.
La conception doit être flexible dès le départ. Cette démarche commence par une articulation claire des résultats d’affaires souhaités, suivie par l’harmonisation des systèmes, des structures de données et du cadre de contrôle afin de permettre ces objectifs et de les soutenir.
Les principaux facilitateurs sont les suivants :
- Cadres de gouvernance des données à l’échelle de l’entreprise
- Définitions et contrôles normalisés des risques et de la finance
- Architectures technologiques évolutives capables de s’adapter aux mises à jour réglementaires
- Collaboration interfonctionnelle entre les équipes responsables des risques, des finances et des affaires
Les institutions qui intègrent la flexibilité dans leur architecture sont mieux placées pour s’adapter rapidement aux changements réglementaires, sans subir de perturbations structurelles répétées ou de remaniements coûteux.
Du centre de coûts au créateur de valeur
Lorsque les données sur les risques sont pleinement intégrées à la mesure des performances de l’entreprise, le rôle de la fonction évolue fondamentalement.
En intégrant les risques et les rendements au niveau de l’administration, du portefeuille ou du produit, les institutions financières obtiennent des perspectives claires et une visibilité sur les activités, les clients et les produits qui génèrent les meilleures performances ajustées en fonction du risque. La mesure du capital, la gestion du capital et l’allocation de fonds font alors partie d’un processus rationalisé et intégré plutôt que de constituer une activité isolée de production de rapports.
Ce changement permet les avantages suivants :
- Une répartition plus efficace du capital
- Une exactitude accrue des prévisions
- Des cycles de production de rapports plus rapides et plus fiables
- Une transition des rapports de conformité rétroactifs vers une stratégie proactive
La gestion des risques, lorsqu’elle est intégrée à l’échelle de l’entreprise, devient un moteur pour la clarté stratégique et l’optimisation de la performance.
Recommandations pour la mise en place de fonctions de gestion des risques adaptatives et fondées sur les perspectives
Pour susciter un changement significatif et durable, les organisations de services financiers doivent se concentrer sur trois priorités interdépendantes :
1. Créer des bases de données adaptatives
- Mettre en place des pipelines de données flexibles et bien gérés qui s’adaptent aux nouveaux systèmes et aux exigences réglementaires en constante évolution.
- Cette démarche permet de disposer d’une source d’information cohérente et fiable dans l’ensemble des risques, des finances et des opérations.
2. Concevoir pour assurer l’intégration et l’agilité
- Harmoniser les processus et les technologies aux objectifs d’affaires clairement définis.
- Mettre en œuvre des cadres adaptables qui évoluent en fonction des priorités changeantes et des exigences réglementaires, afin de garantir la continuité et le maintien de la conformité.
3. Relier les risques aux performances
- Intégrer l’analyse des risques dans la planification stratégique et les prévisions afin d’éclairer la prise de décision prospective.
- Mesurer et gérer les performances ajustées en fonction du risque à un niveau granulaire afin d’identifier là où la valeur est créée ou perdue.
Bénéfices : transformer l’attribution en avantage
Un engagement récent avec une grande banque nord-américaine illustre l’incidence mesurable de cette approche.
L’institution a cherché à mieux expliquer et prévoir l’évolution de ses actifs pondérés en fonction des risques Les processus manuels et les données fragmentées limitent la transparence et ralentissent les cycles de production de rapports.
En mettant en œuvre un cadre flexible et automatisé d’attribution des actifs pondérés en fonction des risques capable d’isoler les facteurs déterminants, y compris les changements de volume, les changements de paramètres et la composition du portefeuille, l’organisation a atteint ses objectifs :
- Calculs des actifs pondérés en fonction des risques et rapports d’attribution 70 % plus rapides
- Réduction des interventions manuelles et des erreurs opérationnelles
- Visibilité accrue des performances ajustées en fonction du risque pour l’ensemble des produits et des clients
- Amélioration de la précision des prévisions et renforcement de la confiance des investisseurs
Ce qui a commencé comme une amélioration des rapports réglementaires s’est transformé en une capacité stratégique plus large qui améliore l’efficacité, la transparence et la prise de décision.
Conclusion : bâtir l’avenir du risque
Alors que le paysage des services financiers continue d’évoluer, les institutions qui positionnent le risque comme une capacité dynamique, fondée sur les perspectives, se démarqueront.
Le calcul des risques et la production de rapports sur les marchés des capitaux et la trésorerie ne se limitent plus exclusivement aux fonctions de conformité. Ils sont devenus des moteurs stratégiques, exigeant une gouvernance intégrée, des cadres de gestion des risques solides et des contrôles technologiques évolutifs pour répondre efficacement aux attentes croissantes en matière de réglementation.
En harmonisant les données, la gouvernance et la technologie aux objectifs stratégiques, les banques peuvent clarifier les obligations de conformité et transformer l’incertitude en confiance.
La gestion des risques ne consiste plus seulement à satisfaire aux exigences réglementaires. Il s’agit de faire face au changement avec précision et détermination, et de créer une valeur durable pour l’organisation et ses parties prenantes.
Nous travaillons avec des institutions financières de premier plan pour concevoir et mettre en œuvre des initiatives de transformation du risque intégrées, en combinant l’expertise réglementaire et des solutions technologiques et de données évolutives afin d’aider les organisations à renforcer la gestion du capital, la transparence et la performance. Communiquez avec nos experts pour en savoir plus.
À propos des auteurs
Bikramjit Singh – Directeur, services-conseils en management
Bikram possède une vaste expérience des services de conseil en management et en affaires, ayant dirigé des programmes complexes de transformation et de modernisation dans les domaines du risque, de la réglementation et de la conformité, des marchés des capitaux et de la gestion des investissements. Il a collaboré avec succès avec des dirigeants d’entreprises, des technologies et des opérations à travers le Canada, les États-Unis, l’Europe et l’Australie pour élaborer des stratégies, concevoir et mettre en œuvre des modèles opérationnels cibles couvrant le service à la clientèle, le guichet de suivi et le service d’arrière-guichet.
Il est titulaire d’une Maîtrise en administration des affaires de la Rotman School of Management (Université de Toronto), spécialisé en finance et stratégie, et d’un baccalauréat en génie électrique.
Utathya Chakravarti – Chef de service conseil expert
Utathya (UT) est un leader chevronné et un expert en matière de risque et de réglementation bancaires comptant plus de 20 ans d’expérience en matière de données, de processus, de calculs, d’analyses, de conformité et de production de rapports. Il a dirigé avec succès des mises en œuvre à grande échelle dans six des dix plus grandes banques du Canada et des États-Unis.
En tant qu’ancien professeur, il associe des recherches approfondies, des normes établies et des méthodologies inédites pour proposer des solutions qui ont été bien accueillies et saluées par des pairs, des mentorés, des clients, des dirigeants et des organismes de réglementation. Cerner les sources de friction et développer des solutions uniques, évolutives, flexibles et robustes qui renforcent les processus financiers dans le monde entier, constitue pour lui une véritable passion.
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