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Face à une nouvelle concurrence, flexible et réactive, les organisations doivent accélérer leur transformation. Une approche DevOps doit leur permettre de s’inscrire dans une nouvelle dynamique.

Introduisant un changement culturel et organisationnel, bien plus que technologique, elle réunit les équipes en charge du développement et des opérations afin de les mobiliser autour de nouvelles ambitions.

Dans un contexte économique particulièrement concurrentiel, les entreprises doivent renforcer leur capacité à s’adapter, toujours plus rapidement. « Chacun doit pouvoir s’inscrire dans une dynamique de changement permanent, adapter ses processus, déployer de nouveaux services. Pour résumer, il faut être capable de se transformer et d’innover avec un time to market le plus réduit possible », explique Stéphane Riegel, directeur conseil, en charge de la Practice Emerging Technologies au sein de CGI au Luxembourg. Le défi n’a rien d’anodin. 

Faire face à une nouvelle concurrence

Les grands acteurs doivent faire face à une concurrence nouvelle, portée par des structures, petites, mais très efficientes, plus agiles et plus flexibles, s’affranchissant de l’inertie liée à la gestion du legacy d’une entreprise bien établie. Au niveau des métiers de la banque, par exemple, les acteurs historiques doivent batailler face aux néo-banques et leurs solutions innovantes, qui révolutionnent l’expérience des utilisateurs de services financiers. « Mais cette nouvelle forme de concurrence est ressentie plus ou moins intensément dans de nombreux autres domaines d’activité, dans le privé comme dans le public », assure Stéphane Riegel. 

Comment faire face à ces pure players digitaux, dont la capacité à innover et à créer de nouvelles expériences utilisateurs est pour le moins redoutable ? Ces jeunes acteurs font plus vite et mieux que beaucoup d’institutions solidement ancrées au cœur de leur marché. « Ces dernières doivent s’adapter, pour réagir face à l’émergence de nouvelles offres s’ils veulent préserver leur position, poursuit Stéphane Riegel. Il est nécessaire d’accélérer et, pour cela, d’adopter de nouvelles approches. Un des enjeux clés est de rapprocher les équipes en charge du développement applicatif de celles ayant pour mission de gérer les infrastructures et de maintenir les opérations. C’est le principe même d’une approche DevOps. »

Accélérer les cycles de développement 

Au Luxembourg, CGI met en œuvre des démarches DevOps depuis plus de cinq ans. Elle se les est d’abord appropriées pour ses propres besoins. Développant une réelle expertise dans leur mise en œuvre et se dotant des outils adaptés, CGI aide désormais les organisations à les mettre en œuvre pour les accompagner dans leur transformation numérique. « L’objectif poursuivi est bien l’accélération des cycles de développement et de déploiement. Au-delà des méthodes agiles, qui visaient à mieux faire travailler ensemble le métier et les acteurs du développement, le DevOps permet le déploiement accéléré et sécurisé de nouvelles solutions », assure l’expert de CGI. 

En impliquant les personnes en charge de l’infrastructure le plus tôt possible dans les projets, on s’assure d’abord de ne pas se retrouver bloqué au moment de déployer, simplement parce que l’environnement opérationnel n’est pas adapté à la nouvelle solution et qu’il faudra encore six mois pour le mettre en œuvre. « Si les responsables des infrastructures sont présents autour de la table dès l’entame du projet, ils auront la possibilité de mieux envisager les besoins à venir, de partager leur regard sur l’architecture à mettre en œuvre eu égard à l’existant, d’émettre des recommandations aux équipes de développement en tenant compte des contraintes inhérentes à l’entreprise, commente Stéphane Riegel. Au départ, DevOps vise avant tout une meilleure collaboration des équipes dans un objectif commun. »

Mieux travailler ensemble

Recourir à une telle approche relèverait donc du bon sens. Et pourtant, elle n’est pas si évidente à mettre en œuvre. Suivant les entreprises, leur taille, leur complexité, le DevOps serait plus ou moins simple à appréhender. « Plus l’entreprise est importante, plus la segmentation entre les équipes en son sein est forte, plus cela peut s’avérer difficile, assure Stéphane Riegel. L’approche implique de travailler de manière transversale, en mettant en place des équipes mixtes. Il faut amener le métier, le développement et l’infrastructure à coopérer pleinement. » Cependant, dans des entreprises importantes, les intérêts des équipes en charge des différentes fonctions peuvent fortement diverger, engendrant d’importantes frictions. Par exemple, le métier va vouloir des changements rapides. Le développement souhaitera y répondre sans tenir compte de certains risques ou des aspects liés à la sécurité, à la compliance ou à l’environnement. Les équipes en charge des infrastructures auront tendance à imposer des conditions strictes pour garantir des déploiements sans anicroche et de garantir la continuité des opérations. L’enjeu est de parvenir à mieux faire travailler tout ce petit monde ensemble.

Obtenir le support de la direction

« Pour s’inscrire dans une approche DevOps, il faut donc souvent opérer un changement profond à l’échelle de l’ensemble de l’organisation, assure le directeur. L’ensemble des équipes doivent se rassembler autour d’objectifs communs. » La finalité poursuivie avec la mise en œuvre d’une telle démarche variera d’une organisation à l’autre, selon le contexte. Certaines entreprises vont vouloir se transformer plus efficacement. D’autres chercheront à améliorer la qualité de leurs applicatifs. Une démarche DevOps doit aussi permettre de réduire les coûts ou encore le time to market.

 « La mise en œuvre d’une culture DevOps, dans la mesure où l’on parle d’une réorganisation profonde, ne peut se faire si elle n’obtient pas le support fort des équipes du comité exécutif, assure Stéphane Riegel. Un tel projet doit s’inscrire dans une réelle vision pour l’avenir, en intégrant des enjeux économiques, stratégiques et concurrentiels. On parle d’un investissement conséquent, qui implique davantage de transversalité. Les équipes doivent apprendre à collaborer suivant une méthodologie partagée, en s’appropriant de nouveaux outils. » 

Un enjeu culturel et pas uniquement technologique

L’approche n’est pas uniquement technologique. Elle est culturelle et organisationnelle. « Il faut d’abord un esprit de collaboration fort, une culture d’entreprise ouverte sur le changement, les défis à relever, poursuit l’expert. Les considérations techniques et les solutions technologiques à mettre en œuvre ne pourront être envisagées que par la suite, en fonction des besoins. À l’échelle de l’organisation, on cherchera les possibilités pour accélérer le déploiement, intégrer les enjeux de cybersécurité et envisager l’automatisation complète du cycle de développement par exemple. Faut-il recourir à des environnements cloud, à des containers ? Cela va dépendre du besoin. Ce n’est que petit à petit que l’entreprise peut tendre vers des objectifs de déploiement continu. » Chacun, en gagnant en maturité, en apprenant à mieux travailler avec les autres, va pouvoir envisager les meilleures possibilités pour faire son métier plus efficacement et mieux collaborer. « Tout cela s’inscrit dans une démarche d’amélioration continue, conclut Stéphane Riegel. Au final, c’est tout l’écosystème IT qui, en étant mieux intégré, participe à l’accélération de la transformation de l’entreprise. »

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