Nancy Amert

Nancy Amert

Directrice, services-conseils

Ce billet de blogue en quatre parties explore la transition vers un financement durable. Dans la première partie, j’ai examiné le resserrement des liens entre le secteur bancaire et le développement durable, et dans la deuxième partie, j’ai analysé les motivations qui poussent les banques et les autres acteurs du marché à participer à l’écosystème émergent des finances.

C’est dans la troisième partie que le plaisir commence : nous y faisons un survol des pratiques actuelles et des résultats escomptés à partir de deux exemples réels.

Alibaba Group

Alibaba Group est une multinationale chinoise spécialisée dans le commerce électronique, le commerce de détail, l’Internet et la technologie. Elle propose notamment des services technologiques à différents secteurs d’activité et domaines pour aider les organisations à améliorer leur performance et leurs résultats. L’un de ces domaines est l’agriculture. Dans ce marché, Alibaba Group offre des programmes de financement de la chaîne d’approvisionnement par l’entremise d’un tiers proposant à ses fournisseurs agricoles un accès privilégié au financement s’ils choisissent des matières (c.-à-d. des pesticides) conformes aux normes de développement durable de l’entreprise. Nombreux sont d’avis que cette pratique permet aux entreprises comme Alibaba de s’assurer que leurs fournisseurs adoptent des comportements responsables.

Autrement dit, le fait d’utiliser le financement de la chaîne d’approvisionnement comme une récompense peut motiver les fournisseurs, les acheteurs et les détaillants à agir de façon responsable, en réduisant par exemple les déchets et la pollution grâce à l’utilisation de produits chimiques moins nocifs. Leur motivation est de nature financière; ils sont conscients qu’ils doivent prendre les mesures demandées, faute de quoi ils ne peuvent accéder à certaines modalités de financement ou marges de crédit avantageuses.

Puma

Le fabricant de chaussures de sport Puma a lancé un projet de financement durable de la chaîne d’approvisionnement (le « Puma Vendor Financing Program ») qui propose des options de financement privilégiées aux fournisseurs obtenant une note élevée en matière de développement durable. Ce projet aide Puma à évaluer les fournisseurs plus efficacement et à améliorer sa collaboration avec eux.

Puma utilise également des crédits commerciaux afin de favoriser l’efficacité et la durabilité de la chaîne d’approvisionnement. Bien que les crédits commerciaux ne soient pas considérés comme des solutions de financement durables, ils renforcent tout de même le lien entre le financement de la chaîne d’approvisionnement et le développement durable. Si un fournisseur de caoutchouc brut utilisé dans la fabrication de chaussures de tennis ne répond pas aux critères des programmes de financement de la chaîne d’approvisionnement de Puma, le directeur de crédit de Puma peut tout de même lui accorder une petite marge de crédit et le surveiller de près pour s’assurer qu’il effectue les paiements à temps. Cette extension de la marge de crédit est communément appelée « crédit commercial ».

Une marge de crédit de base peut permettre aux acheteurs d’augmenter la quantité de produits comprise dans chaque chargement envoyé à Puma (comparativement aux situations où aucun crédit n’est alloué), ce qui accroît également le taux d’utilisation de la capacité des camions. En diminuant le nombre de camions de livraison nécessaires, ils contribuent à la réduction des émissions de carbone de la chaîne d’approvisionnement dans son ensemble.

Devons-nous repenser nos programmes et offres de financement de la chaîne d’approvisionnement? Devraient-ils récompenser les comportements responsables?

La réponse est oui. Voici pourquoi. Tous les acheteurs, fournisseurs et détaillants souhaitant participer à un programme de financement de la chaîne d’approvisionnement doivent d’abord se soumettre à une vérification de la solvabilité. Cette vérification est effectuée à la fois par l’entreprise gérant le programme et par la banque ou l’établissement offrant le financement.

Serait-il possible de demander aux participants potentiels de réussir également une vérification de la solvabilité « écologique »?

Vous découvrirez la réponse dans la quatrième partie.

Entre-temps, n’hésitez pas à communiquer avec moi pour poursuivre la discussion sur le sujet.

À propos de l’auteur

Nancy Amert

Nancy Amert

Directrice, services-conseils

Nancy compte plus de 25 années d'expérience dans le domaine bancaire et du commerce. Elle est reconnue pour son expertise en chaîne de blocs et en technologies de registre distribué (DLT).