Tout récemment, j’ai relu l’essai La Vie sans principe que Henry David Thoreau a rédigé en 1863. Il y lance un défi : « Et si nous examinions notre façon de vivre au quotidien. » Près de 150 ans plus tard, le défi se pose toujours.

Si nous comprenions véritablement les dommages environnementaux engendrés par nos décisions collectives et individuelles, je crois que la plupart d’entre nous feraient des choix plus éclairés. Pourtant, est-ce aussi simple?

Dans la première partie du blogue de cette série, j’ai examiné les liens existant entre le secteur bancaire et le développement durable. Dans celle-ci, j’aborde les motifs. Les trois principales motivations des participants de l’écosystème émergent des finances sont le développement durable, la moralité et l’économie.

Motifs pour des finances durables

Les motifs axés sur la durabilité sont étroitement liés à la demande des différents intervenants pour des comportements respectueux de l’environnement, ainsi qu’aux urgents problèmes sociaux dans les pays en développement. Ces facteurs encouragent les banques à investir dans le développement durable.

Les motifs fondés sur la morale font référence à l’engagement éthique d’une banque. Les banques éthiques sont en quête de collaborations et d’autres méthodes novatrices pour renforcer une performance durable au sein de la chaîne d’approvisionnement. Elles croient que c’est l’attitude à adopter pour leur entreprise, pour leurs partenaires et pour la planète.

Les motifs financiers contrebalancent les deux autres types de motifs en mettant l’accent sur la nécessité de dégager des profits, tout en misant sur le développement durable. Les acheteurs comme les vendeurs souhaitent avoir plus facilement accès à des ressources financières plus abordables – une demande qui doit être conciliée avec l’objectif de durabilité.

Attentes des intervenants en matière de développement durable

Lorsque les chercheurs utilisent le terme « intervenants », ils font essentiellement référence aux entreprises, aux gouvernements et aux consommateurs. Je ne risque pas de me tromper en disant que les intervenants, dans la société globale actuelle, sont de plus en plus conscients des changements climatiques, et que plusieurs exigent davantage de mesures en vue de réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Par conséquent, les attentes des intervenants à l’échelle mondiale pour des comportements responsables stimulent la mise en place de réglementations en matière de durabilité. En Europe, des autorités de réglementation ont donné pour mandat à l’Union européenne d’atteindre l’objectif zéro émission nette de carbone d’ici à 2050. Ces pressions, ainsi que d’autres nouveaux mandats juridiques, sont le « bâton » pour inciter les participants à prendre des mesures, mais celui-ci est accompagné d’une « carotte », telle que des allégements et incitatifs fiscaux. De plus, des pressions sont exercées sur les entreprises, spécialement celles qui font des affaires avec des sociétés européennes, pour qu’elles gèrent plus étroitement la performance environnementale et sociale de leurs chaînes d’approvisionnement.

Les banques ont un rôle important à jouer dans toute cette démarche et leurs services dédiés aux questions environnementales, sociales et de gouvernance d’entreprise (ESG) devront examiner attentivement leurs modèles de risque, leurs directives d’intégration et autres politiques ainsi que leurs modalités de financement. Les organismes de réglementation bancaire deviendront également plus stricts face aux activités de financement; ils miseront sur la durabilité pour s’attaquer à la prévention de la fraude à grande échelle.

Si ces activités obtiennent les résultats souhaités, il sera peut-être possible de constater une satisfaction accrue des intervenants. Plus précisément, une performance durable pourrait favoriser l’image de marque et la fidélisation de la clientèle des banques. En retour, ces bénéfices renforcent leur avantage concurrentiel, ce qui s’avère un incitatif important pour le développement et la mise en œuvre d’un financement écoresponsable.

Dans mon prochain billet de blogue, nous examinerons certaines entreprises qui explorent leurs motifs, prévoient réaliser leurs mandats zéro carbone avant l’échéance prévue, mettent à profit des méthodes franchement intéressantes et novatrices pour recueillir de meilleures perspectives et gèrent avec plus d’efficacité les comportements de leurs fournisseurs. Nous proposerons quelques éléments à retenir et, en réponse au défi de Thoreau, nous examinerons ce que nous, aujourd’hui, en tant qu’individus et professionnels du secteur bancaire, pouvons faire pour contribuer à protéger notre planète.

D’ici là, si vous souhaitez discuter de ce second blogue, des finances durables en général ou du travail de CGI dans ce domaine, n’hésitez pas à communiquer avec moi.

À propos de l’auteur

Nancy Amert

Nancy Amert

Directrice, services-conseils

Nancy compte plus de 25 années d'expérience dans le domaine bancaire et du commerce. Elle est reconnue pour son expertise en chaîne de blocs et en technologies de registre distribué (DLT).

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