Le texte suivant se veut un compte rendu de la réunion directive (ES03) tenue dans le cadre du récent Congrès européen sur les STI à Helsinki

L’analyse de rentabilité des systèmes de transport intelligents varie en fonction des cadres sociaux et institutionnels, mais il demeure difficile de calculer leur rendement financier. Bien qu’il soit beaucoup plus facile de cerner leurs avantages sur les plans sociétal et environnemental, il existe déjà, un peu partout dans le monde, des exemples de la vente et de l’utilisation rentables de ces systèmes. Quels ont été les facteurs de ces réussites? S’agit-il de processus d’approvisionnement efficaces, de cadres institutionnels et juridiques sensés, de délais réalistes, d’interopérabilité technique, d’intégration institutionnelle ou alors d’une évaluation toute simple des besoins réels du client? Les études de cas présentées lors de cette réunion démontrent que la réussite technique et financière est possible dans ce domaine.

Animateur

Theo Quick, directeur, Transport, services postaux et logistique de CGI au Royaume-Uni

Conférenciers

Jim Barbaresso, vice-président, Systèmes de transport intelligents, HNTB, États-Unis
Richard Harris, directeur de solutions, Xerox Services, Royaume-Uni
Wilfried Klassmann, chef de la direction, CETECOM, Allemagne
Kimmo Ylisiurunen, chef de la direction, Infotrpla Oy, Finlande
Josef Czako, vice-président, Kapsch TrafficCom AG, Autriche

Compte rendu

La séance a commencé par une discussion sur la taille du marché des systèmes de transport intelligents à l’échelle mondiale et des États-Unis. Des études de marché ont souligné la croissance exponentielle du secteur des STI, dont les dépenses mondiales devraient atteindre 30 à 40 milliards de dollars d’ici 2020, dont plus de 40% se situeront en Amérique du Nord. Les investissements se font le plus souvent dans les domaines de la sécurité des véhicules, de la gestion de la circulation et de l’information aux voyageurs. Grâce à la croissance continue du marché, les occasions d’offrir des systèmes de transport sûrs, fiables, pratiques et efficaces sont de plus en plus nombreuses. Parmi celles-ci, notons les systèmes de conduite embarqués, l’infrastructure ainsi que la mise à profit des avancées technologiques pour améliorer le rendement et l’efficacité tout en réduisant les coûts.

Tous les conférenciers présents ont convenu que l’un des plus grands défis est l’établissement d’un modèle d‘analyse de rentabilité et ont souligné le fait que les entreprises doivent être convaincues qu’il est possible de définir la leur de façon à réaliser des profits dans ce secteur. Cette analyse de rentabilité pourrait s’articuler sur les vies sauvées, sur l’amélioration de l’accessibilité ou de la connectivité, sur la réduction des émissions ou de la congestion, sur l’amélioration de l’efficacité ou sur divers autres facteurs individuels ou regroupés. Ce débat a permis de dégager les principaux thèmes qui intéressent les décideurs.

La nécessité d’améliorer la sûreté et l’intelligence du transport peut s’avérer extrêmement rentable et offrir de nouvelles occasions aux décideurs. Ainsi, le ministère des Transports du Royaume-Uni a estimé à 2 millions d’euros la valeur de la prévention d’un seul décès sur les routes. Dans le monde entier, plus de 1,2 million de personnes meurent chaque année sur les routes. Les services STI peuvent réduire ces coûts tout en améliorant l’efficacité du transport. On a cité comme exemple la carte à puce employée dans le réseau de transport de la région de Montréal qui, grâce à des technologies soigneusement conçues et à des interfaces ouvertes, peut être utilisée par 19 fournisseurs de services au sein de 3 000 autobus, cinq lignes de train et quatre lignes de métro. Au total, elle permet de générer plus d’un million de transactions sans contact par jour, traitées par un arrière-guichet unique.

Sous le thème de la sécurité routière, on a présenté le déploiement de services STI pour diverses fonctions dans un cadre juridique, notamment les radars photo, le péage et les voies réservées aux autobus. Ces fonctions de nature juridique exigent une application surveillée et, en l’absence des tests et de la certification de l’équipement routier nécessaire, de tels services ne peuvent être jugés sûrs ni sécuritaires. Des normes doivent également être mises en place afin de produire des économies d’échelle et de réduire les coûts.

Par la suite, des membres de l’assistance ont posé des questions aux conférenciers lors d’une séance de questions. Voici les principaux points soulevés.

  • Même si l’on considère que les STI sont une tendance forte et croissante, il n’en demeure pas moins qu’il est difficile d’évaluer la sécurité, la congestion et la mauvaise gestion des émissions. Pourquoi devons-nous encore composer avec ces défis alors que nous dépensons de plus en plus dans ce domaine? Les conférenciers étaient unanimes : les problèmes sous-jacents sont de nature organisationnelle et institutionnelle, par exemple une information insuffisante, une éducation déficiente et l’absence de financement et de modèles d’affaires efficaces.
  • Le secteur des STI s’éloigne du modèle entreprise-gouvernement et se dirige plutôt vers le commerce interentreprises et le commerce entreprise à consommateur. Quel rôle le gouvernement sera-t-il appelé à jouer? Tous ont convenu que même si les gouvernements risquent d’impartir la gestion de la circulation, ils continueront de fixer les normes et de s’occuper de la certification, de la réglementation et de son application. Les partenariats public-privé se généraliseront et les gouvernements devront accepter que leur rôle en soit un de supervision.
  • Nous devrions documenter les exemples de progrès ayant créé des situations avantageuses pour toutes les parties des projets de STI, comme ceux décrits ci-dessous.
    • Les villes d’Oulu et de Tampere en Finlande partagent les mêmes objectifs en matière de systèmes de circulation et de services d’information. Ces deux villes ont entamé une discussion ouverte afin de profiter d’un cadre de gestion commun pour leurs processus d’approvisionnement.
    • Plutôt que de générer de nouvelles données provenant de l’utilisation continue de différentes versions de systèmes de collecte de données capteur, nous devrions amorcer un dialogue avec les entreprises privées afin d’explorer l’achat et le partage de ces données et d’ainsi économiser temps et argent et bénéficier d’une solution mutuellement avantageuse.

En conclusion, l’animateur a posé les questions suivantes : « Tirons-nous le maximum des modèles d’affaires? Pourrions-nous en faire plus en tant que communauté ou devrions-nous plutôt adopter une approche de marché libre? » Les conférenciers ont convenu que nous devons améliorer notre façon d’expliquer comment bâtir des modèles d’affaires aux principales parties prenantes des STI et nous concentrer davantage sur les autres sources de financement pour le déploiement des STI.

Le compte rendu du Congrès est accessible à tous les participants et comprend un sommaire de l’ensemble de l’événement ainsi que les principales conclusions de chaque réunion directive et de chaque thème. Le site du Congrès présente un sommaire accessible à tous.

À propos de l’auteur

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Theo Quick

Directeur, secteur du transport, CGI au Royaume-Uni

Grâce à sa vaste expérience dans le secteur du transport en Europe et aux États-Unis, Theo dirige actuellement les activités de CGI dans ce domaine au Royaume-Uni. Il siège aux conseils du groupe technologique de l’Automotive Council du Royaume-Uni et du Congrès mondial sur les ...

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