Jerry Norton

Le système bancaire ouvert en Australie : le prochain défi

La loi australienne sur le Droit en matière de données des consommateurs (CDR) entrera en vigueur en juillet 2019, aidant à mettre en place un système bancaire ouvert partout au pays. Cette loi vise à donner aux consommateurs le droit d’être le « propriétaire » de leurs données en leur offrant l’accès à leurs transactions ainsi que le contrôle sur le traitement et l’utilisation de leurs données.

Bien que la loi ne s’applique qu’en Australie, les banques à l’échelle mondiale surveilleront la situation. Quelle sera l’incidence de cette nouvelle loi, et de quelle façon les banques devraient-elles s’y préparer? À l’approche du délai de mise en application dans moins d’un an, il s’agit de questions importantes. 

La dynamique derrière le CDR

Le CDR est une législation à caractère économique qui s’inspire du principe de la « symétrie de l’information ». Dans une économie numérique guidée par des normes ouvertes, les marchés évolueront de façon optimale en permettant aux consommateurs d’avoir accès à de l’information exacte et à des données transparentes ainsi que de choisir et de changer de fournisseurs en toute simplicité. La clé de la symétrie de l’information est de remettre aux consommateurs la propriété de leurs données. Généralement, les entreprises tiraient profit des données des consommateurs, mais ces derniers n’en retiraient rien. Le CDR vise à combler cette lacune en donnant plus de contrôle aux consommateurs, leur permettant d’avoir davantage de choix et de meilleurs prix.

Le gouvernement s’attend également à ce que le CDR stimule la concurrence et l’innovation. L’ouverture des marchés grâce à des mécanismes comme le CDR entraîne l’arrivée de nouveaux joueurs et pousse les entreprises à investir davantage dans l’innovation pour attirer et fidéliser les clients. 

L’incidence du CDR sur les services bancaires

Bien que le CDR sera un jour appliqué à tous les domaines axés sur les consommateurs, y compris l’assurance, l’électricité et les télécommunications, le secteur bancaire est le premier en Australie à le mettre en œuvre. L’organisme d’application de la loi, l’Australian Competition and Consumer Commission (ACCC), travaille à développer les règles du CDR afin de l’appliquer au secteur bancaire, en préparation à l’introduction d’un système bancaire ouvert.

Le CDR aura une incidence de taille sur le modèle traditionnel de services bancaires. Avec le modèle traditionnel, le contrôle des données est entre les mains des banques, dans un environnement protectionniste qui limite le choix et la flexibilité pour les consommateurs. La gestion de données est également exposée aux inefficacités d’un tel modèle.

Le CDR permettra aux consommateurs des services bancaires de consulter et de transférer leurs données plus facilement; ils pourront ainsi passer d’un fournisseur à l’autre et faire l’achat de produits auprès de multiples fournisseurs plus facilement et rapidement. Le secteur bancaire sera davantage axé sur le consommateur grâce à une gestion de données plus équitable et efficace. De plus, la loi permettra l’arrivée de nouveaux protagonistes dans la chaîne de valeur bancaire, ce qui devrait avoir pour effet d’encourager la concurrence et l’innovation, à l’avantage des consommateurs. 

Recommandations pour l’avenir

La date limite de juillet 2019 pour la mise en œuvre du CDR est agressive. Les banques ont eu beaucoup plus de temps pour se préparer à des législations similaires en Europe, telles que la Directive européenne sur les services de paiement (DSP2) et les règles de l’Autorité de la concurrence et des marchés (CMA) au Royaume-Uni. La DSP2 était moins restrictive que le CDR, et les banques ont tout de même eu des années pour s’y préparer. En termes de complexité, les règles du CMA se situent entre le DSP2 et le CDR, mais le Royaume-Uni a mis deux années pour les mettre en place.

Alors qu’approche la date limite de juillet, les banques ressentent l’urgence de se préparer à une conformité de base au CDR, en évaluant leurs technologies et processus actuels. Au-delà de la conformité de base, les banques doivent également tirer un avantage stratégique du CDR.

Par exemple, la nouvelle loi offre aux banques l’occasion de revoir leurs rôles actuels et d’évoluer, particulièrement en regard de la révolution numérique qui souffle sur le secteur d’activité. Ainsi, certaines banques pourraient souhaiter continuer d’agir comme distributrices et fabricantes de produits, alors que d’autres qui se spécialisent davantage en distribution de produits pourraient vouloir se tourner davantage vers la production. Les banques pourraient également utiliser la nouvelle loi pour étendre leur écosystème en y ajoutant de nouveaux partenaires.

Il est maintenant temps pour elles de s’intéresser à une conformité de base et à un avantage stratégique. Les banques australiennes peuvent apprendre de l’expérience des autres banques qui ont déjà mis en place des initiatives similaires, afin de les aider à s’adapter sans heurt au CDR. CGI a aidé des banques partout dans le monde à se préparer au système bancaire ouvert; nous avons donc une bonne compréhension des problèmes et des exigences qui en découlent. Si vous souhaitez en apprendre davantage à propos de notre travail ou discuter des occasions d’affaires et défis liés au CDR pour votre organisation, n’hésitez pas à communiquer avec moi. 

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