La pression d’intégrer le développement durable aux pratiques de gestion financière va en s’accélérant, surtout pour les chefs de la direction financière. Des pays, des autorités de réglementation, des investisseurs et des marchés à l’échelle planétaire accordent davantage d’importance à la pérennité pour contribuer à atteindre l’objectif zéro émission nette de carbone. Les investisseurs souhaitent tout particulièrement parcourir les renseignements sur les pratiques de développement durable des entreprises dans leur mire.

Pensons notamment à l’engagement politique de l’Union européenne d’être carboneutre d’ici à 2050. Le plan d’investissement du pacte vert pour l’Europe prévoit au moins un billion d’euros pour des investissements en développement durable au cours de la prochaine décennie. L’objectif de carboneutralité aura une incidence énorme sur tout le système économique européen, y compris les pratiques de gestion des entreprises. L’Union européenne impose déjà des obligations de divulgation d’information sur la durabilité des fournisseurs de produits financiers et des conseillers financiers. D’autres obligations du même genre ne sauraient tarder.

Le développement durable devenant de plus en plus important, son application dans le milieu des affaires (prise de décision financière et économique) ne sera bientôt plus une question de préférence, mais bien une obligation. L’aspect écologique d’une entreprise deviendra un facteur clé de ses relations avec les investisseurs et le marché en général.

Par exemple, dans un avenir pas si lointain, un constructeur automobile pourrait se voir imposer des pénalités par le marché s’il produit des modèles énergivores. Le marché pourrait déterminer que de tels véhicules sont des actifs risqués ou moins intéressants en raison de leur empreinte carbone. Le coût d’emprunt pourrait donc devenir plus élevé que pour un véhicule hybride.

Les décisions de prêts et d’investissements tiendront de plus en plus compte de certains critères de pérennité. Chaque entreprise fournissant des biens et services devra mesurer, surveiller et produire des rapports sur sa stratégie de développement durable sur une base périodique. Il pourrait même très bien y avoir une échelle environnementale où les entreprises jugées moins performantes subiraient des taux d’intérêt plus élevés pour des emprunts, par exemple.

Préparation à la production de rapports de développement durable

Les questions clés pour cette transition sont axées sur les données. Comment savoir si les données de développement durable de votre entreprise sont exactes? Comment recueillir, gérer et communiquer ces données?

Dans le contexte actuel, difficile de répondre à de telles questions. D’abord, les rapports sur le développement durable sont une nouveauté, et les cadres de gestion et les pratiques normalisés de divulgation font défaut. Ensuite, la collecte de ces données nécessite temps et ressources. Enfin, il y a un manque de transparence et de comparabilité entre les groupes de pairs.

De façon générale, la production de rapports de développement durable est beaucoup plus complexe que celle des rapports financiers. Par exemple, il est bien plus difficile de mesurer les émissions de CO2 que de mesurer les activités économiques fondées sur des relevés bancaires. Pour des rapports efficaces, il faut développer des capteurs de mesure, des processus de collecte de données et des logiciels spécialisés. Le tout requiert un projet d’infrastructure à grande échelle.

Comment relever de tels défis? C’est ici que la technologie entre en jeu. Des leaders de tous les secteurs d’activité commencent à investir dans des solutions de technologies émergentes à des fins de production et de gestion de leurs données de développement durable. CGI soutient déjà le développement de solutions novatrices.

Par exemple, nous avons collaboré l’année dernière avec l’Université Aalto à explorer et développer des modèles préliminaires de collecte et de traitement de données de durabilité en Union européenne, qui exigera des rapports sur le développement durable. Cet effort de recherche a mené à de nouveaux concepts pour une plateforme de données de durabilité à l’échelle de l’Union européenne, ainsi qu’un cadre de gestion pour la collecte de données des petites et moyennes entreprises, soit 99 % des entreprises européennes.

Bien que les conseils d’administration soient désireux de s’adapter à la tendance des finances durables, les actionnaires le sont moins, en raison des coûts et de l’incidence anticipée sur le cours de l’action et les dividendes. Il faudra donc trouver de moyens de réduire les coûts et de renforcer la confiance quant à ce qui est vraiment requis et à quel moment.

Tournés vers l’avenir

Chez CGI, nous sommes d’avis que le développement durable deviendra un investissement incontournable pour les organisations à l’échelle mondiale, dans tous les secteurs d’activité. L’Union européenne est à l’avant-garde de ce phénomène, mais il s’étendra certainement aux autres marchés et régions du monde. Le développement durable gagne d’ailleurs en importance aux États-Unis.

CGI travaille avec des organisations partout dans le monde à émettre des recommandations d’affaires pour répondre aux problèmes de durabilité. Nous aidons également nos clients à s’attaquer aux changements climatiques dans tous nos secteurs d’activité en développant des solutions technologiques minimisant les émissions de carbone. De plus, nous avons annoncé notre propre engagement à atteindre l’objectif zéro émission nette de carbone d’ici à 2030.

Nous sommes ravis d’avoir l’occasion de nous engager dans cette voie avec d’autres organisations souhaitant promouvoir et financer le développement durable. Si vous souhaitez obtenir davantage d’information à propos de nos réalisations dans l’Union européenne et ailleurs, je vous invite à communiquer avec moi.

À propos de l’auteur

Atso Andersén

Atso Andersén

Conseiller principal, Réglementation et risque, Services financiers

Atso has worked in finance, research and development since 1997. During his career, he was involved with a number of regulatory initiatives such as MIFID I and II, AML, and MAR, etc. Atso has written books about investment services, MIFID II and practical implementation of ...

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